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Les médecins de famille aussi luttent contre le Covid-19

Isabelle Tasset souligne les conditions de travail difficiles des professionnels de la santé.

Le personnel hospitalier est sommé d’être disponible plus de 60 heures par semaine et doit continuer à travailler même en cas d’une contamination sans symptômes, vient de décréter le Conseil fédéral. La vie des personnes employées dans les hôpitaux est bouleversée par le coronavirus.

Qu’en est-il des médecins qui travaillent en cabinet? Ils sont tout d’abord assaillis d’appels téléphoniques. Quid du virus? Puis-je continuer à soigner mon inflammation avec de l’ibuprofène ou de la cortisone alors qu’on les dit dangereux en cas de coronavirus? Puis-je voir mes petits-enfants? Et juste prendre un café chez la voisine? Est-ce que je viens au cabinet? Bref, ces médecins donnent beaucoup de leur temps pour informer, en sus des consultations.

Pour les personnes qui doivent se rendre au cabinet, toutes les précautions sont prises. Le patient potentiellement contaminé est mis à l’écart dès son arrivée et doté d’un masque. Les collaborateurs médicaux sont masqués. Le médecin aussi. Chacun se tient à distance. Les poignées de portes à peine touchées sont aussitôt désinfectées.

Mais le matériel est rationné. Comme les frottis, supports qui permettent de recueillir un prélèvement dans la gorge, le nez ou une plaie, et qui sont ensuite envoyés au laboratoire pour recherche d’un agent infectieux. Sur 20 commandés, le médecin n’en reçoit parfois que cinq. Pas de frottis? Pas d’analyses! Même stress pour le désinfectant. Obtenir 5 litres d’alcool pur est une chance. Ce sera la réserve de guerre pour désinfecter les instruments, la peau en cas de prise de sang. Les poignées de portes comme les mains sont savonnées. Puisque le savon attaque la membrane lipophile de la cellule infectée.

«Le soir, rentré chez lui, le médecin garde ses distances avec sa famille»

Côté masques, chaque médecin n’a droit qu’à 50 unités par semaine, qu’il doit chercher, l’après-midi, à la pharmacie d’un hôpital public. Cinquante masques chirurgicaux pour les assistantes, les patients infectés, ceux qui sont à risque: c’est très, très juste. Quant aux soignants en contact direct avec le malade, ils ajoutent idéalement un deuxième masque, modèle FFP2, le plus filtrant. Masques aujourd’hui quasi introuvables et qui datent encore parfois du virus H1N1 (2009). Le soir, rentré chez lui, le médecin garde ses distances avec sa famille, car il est le maillon faible, celui qui est toute la journée en contact avec de nombreuses personnes. L’engagement est fort. La rigueur est stricte.

Pour un médecin en cabinet, ce sont là les précautions minimales. Cet homme de l’art sait aussi que toute infection au cabinet doit être signalée. C’est pourquoi la mesure du Conseil fédéral visant à mobiliser le personnel hospitalier, même contaminé, est difficile à comprendre.

Pour rappel, un virus est un organisme incomplet. Tel un parasite, il doit s’incruster dans une cellule hôte pour se multiplier. Pas de cellule hôte? Il meurt. D’où l’importance du confinement pour tous.

Saluons donc la formidable mobilisation du personnel soignant. Car beaucoup se rendent à leur travail en ayant peur.

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