Des mensonges qui vont nous coûter cher

L'invitéDavid Gygax, secrétaire du SSP-Vaud, parle de cinq mensonges à propos de la RIE III. Et de les lister.

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La coalition en faveur de la baisse de l’impôt sur le bénéfice (RIE III vaudoise) mène campagne en assénant cinq mensonges sur des points essentiels du débat.

Premier mensonge. «Les pertes de recettes des collectivités (520 millions de francs par an) seront indolores pour la population». C’est impossible. Toute baisse de recettes a des conséquences sur les prestations. Un exemple: le Département de pédiatrie du CHUV est endetté d’environ trois à quatre millions de francs. Des mesures d’économie ont été décidées par la Direction du CHUV: fermeture de l’Espace pédagogique pendant plusieurs mois (le lieu où peuvent jouer et apprendre les enfants hospitalisés pour de longs séjours) et fermeture, la nuit et les jours fériés, du bloc opératoire de l’Hôpital de l’Enfance. Si pour récupérer trois millions de francs, que faudra-t-il faire pour récupérer les 520 millions de la RIE III?

Deuxième mensonge. «Alléger la fiscalité permettra de maintenir des emplois». C’est le contraire qui est vrai. Les actionnaires des entreprises qui payent l’impôt sur le bénéfice n’ont pas besoin d’aide. Par contre, les emplois dépendant de près ou de loin des dépenses publiques (construction, artisanat, services, secteurs public et parapublic) seront menacés par la baisse des investissements des collectivités. En cas de oui, des milliers d’emplois sont menacés dans ces secteurs.

Les autorités devront présenter un meilleur projet

Troisième mensonge. «Les PME suisses payeront moins, les multinationales étrangères paieront plus». C’est deux fois faux. Comme le dit UBS: «Une grande partie des PME qui, typiquement, occupent un nombre élevé d’employés, fait partie des entreprises qui ne paient pas l’impôt sur le bénéfice». Les multinationales paieront encore moins demain si le oui l’emporte: en raison du taux très bas de 13,79% et des nouveaux cadeaux fiscaux décidés la semaine dernière dans le cadre du débat fédéral sur la RIE III. Conséquence: nous devrons toutes et tous payer plus.

Quatrième mensonge. «Les mesures sociales font de ce paquet un paquet équilibré». Nous ne votons pas sur un paquet, ni sur les mesures sociales mais seulement sur la baisse du taux de l’impôt sur le bénéfice. Si le non l’emporte, les autorités devront présenter un meilleur projet. Les mesures sociales devront être reprises pour que le projet rejeté soit acceptable aux yeux de la majorité. Il n’y a donc aucune raison de céder au chantage des partisans du oui.

Cinquième mensonge. «Certains syndicats soutiennent cette réforme». Faux: aucun syndicat n’a pris position pour la RIE III, ni dans sa version vaudoise, ni dans sa version fédérale.

Les partisans du projet disposent de moyens considérables pour mener campagne. Des mensonges répétés mille fois n’en deviennent pas pour autant des vérités. Il faut refuser ce projet et le renvoyer au Conseil d’Etat.

(24 heures)

Créé: 01.03.2016, 18h01

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