En toute modestie, aux jeunes qui sont l’espoir

L'invitéJean Martin souhaite que la mobilisation en faveur de la biodiversité et du climat perdure.

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Les baby-boomers parmi nous (nés au sortir de la guerre de 39-45) ont passablement travaillé au cours de leur vie. Mais ils réalisent à quel point ils ont été chanceux: il y a un demi-siècle, il était aisé de trouver un emploi, l’économie marchait. Il y avait certes des empoignades armées dans plusieurs pays, lointains, mais l’orientation de l’Histoire paraissait claire: le progrès – au sens que lui a donné la révolution industrielle – avait des jours glorieux devant lui. Cela a été le cas.

Refuser que l’érosion de la biodiversité continue à un rythme infernal

Ces dernières années, changement de décor. Des débats indispensables sont entamés, il convient de redéfinir ce que progrès veut dire. Pas besoin d’être un adorateur de la nature pour refuser que l’érosion de la biodiversité continue à un rythme – à proprement parler – infernal. À part dans des pays menés par des égocentriques désorientés, «bigger is better» n’est plus le premier commandement. Récemment, j’ai été frappé par une interview d’André Hoffmann, personne très fortunée grâce aux millions de l’entreprise quasi familiale Roche, sensible à la nature (son père Luc fut cofondateur du WWF), mais aussi libéral assumé au plan économique, disant: «Le capitalisme ne survivra que s’il est capable de changer.» Dans le sens des questions que posent aujourd’hui les jeunes: «Pour quoi faites-vous de l’argent, et comment?» Et surtout: «Quel impact social est-ce que je peux avoir en travaillant pour vous?»

Pour qui veut bien écouter la science plutôt que les «marchands de doute», il est clair que la capacité de charge de la planète est dépassée de beaucoup (nous avons épuisé au 1er août les ressources qui auraient dû nous mener jusqu’à la fin de l’année). Mais il faut compter avec les fausses nouvelles des négationnistes que des médias, y compris un important journal alémanique, accueillent complaisamment – il y a de louables exceptions, ici en Suisse romande, le «Guardian» britannique ailleurs.

Sur la RTS, «Temps présent» du 5 septembre consacré aux mouvements proclimat. Plaidoyer d’un jeune Fribourgeois: «La planète n’a plus d’énergie, elle est en burn-out… et il n’y a pas de clinique psychiatrique pour les planètes.» Avec les jeunes ce printemps, le citoyen d’extrême centre que je suis a participé à sa première Marche pour le climat avec slogans et banderoles. Formidable, cet engagement de centaines de milliers de jeunes, ainsi à l’occasion du Sommet de l’ONU sur le climat, le 23 septembre à New York.

Il est impératif d’agir mais des résultats suffisants (pour ne pas dépasser 1,5 degré de réchauffement) sont très loin d’être acquis. Devant la lenteur de l’action à large échelle, que deviendra la motivation de ceux qui nous suivent? Le risque, c’est la glissade vers la radicalisation violente… ou l’aquoibonisme, le «puisque tout est fichu, mangeons et buvons»…

Le prochain parlement portera là une responsabilité historique: faire vivre et concrétiser l’espoir d’un sauvetage. Pourra-t-on compter sur lui? Dire à la Adolf Ogi «Freude herrscht!» (la joie est souveraine) ne suffira pas.

Créé: 10.10.2019, 07h15

Jean Martin, ancien médecin cantonal.

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