Montreux préfère les lits froids aux espaces verts

L'invitéChristian Guhl regrette que la Commune sacrifie un jardin public pour édifier un immeuble.

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Les autorités montreusiennes espèrent passer d’ici à douze ou 18 mois sous la barre des 20% de résidences secondaires fixée par la Lex Weber. L’idée de la taxe incitant à louer ces résidences est louable, car un logement sur quatre est vide presque toute l’année à Montreux. Il n’y a qu’à observer les nombreux stores tristement clos sur les «coffres-forts» immobiliers qui ont remplacé vignes et vergers.

La «station» de Montreux, depuis des décennies, est complice de promoteurs qui ont systématiquement enlaidi un paysage idyllique au mépris du patrimoine et de toute cohérence architecturale. Elle continue à scier la branche sur laquelle elle est assise en sacrifiant aujourd’hui un jardin public (l’Oche-Thorens), déjà entouré d’immeubles, pour en édifier un de plus!

Les mots magiques pour faire passer n’importe quel projet? Densification, Minergie, mixité sociale. Ajoutez une crèche et personne n’ose s’opposer! La qualité de vie des habitants actuels est gravement diminuée, et les nouveaux citoyens vivront au bord d’une route à fort trafic. Un peu plus haut, à Baugy, la Commune, avec la bénédiction de tous les partis y compris les Verts (!), va bétonner les Grands Prés et leur châtaigneraie, poumon d’un quartier déjà fortement construit.

Au lieu de préserver les espaces verts qu’elle possède, la Commune les offre cyniquement en pâture aux promoteurs… Pour le bien de l’humanité? Non, juste pour faire baisser le taux de résidences secondaires et recommencer à construire en paix des maisons inhabitées! Avec l’espoir que, de temps à autre, un riche «résident» ait la bonne idée de mourir ici en laissant des millions à la collectivité. La «mixité sociale» montreusienne, c’est quand le locataire du studio plongeant sur les rails croise le propriétaire de l’attique avec vue, venu aérer son investissement pendant le festival… Une bonne partie de la population est exaspérée.

«Au lieu de préserver les espaces verts […], la Commune les offre cyniquement en pâture aux promoteurs»

Et que penser de la frénésie immobilière de Communes comme Saint-Légier ou Blonay, qui rêvent de devenir des villes en constellant les derniers espaces verts de cubes pour entasser de nouveaux contribuables? À croire que la vue d’un verger donne de l’urticaire à ces édiles adeptes de la croissance infinie, qui détruisent sans états d’âme chez eux le pittoresque qu’ils vont chercher ailleurs en vacances…

On observe certes des réactions face au diktat officiel visant à construire sans relâche pour se préparer aux 10 millions d’habitants annoncés en Suisse, alors même que Fribourg et le Valais notamment regorgent de logements vides. Mais ceux qui osent s’interroger sur notre qualité de vie en constante régression se font invariablement traiter d’égoïstes irresponsables, voire de xénophobes.

Alors, sujet tabou, ou habile moyen d’éliminer toute critique de cette fuite en avant incontrôlée? (24 Heures)

Créé: 10.02.2019, 15h25

Christian Guhl, président de l’Association pour la protection des sites montreusiens.

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