Le musée des musées

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Il est des paradoxes involontaires. Comme celui du Musée d’art et d’histoire (MAH) de Genève, à qui les habitants de la ville ont refusé, l’an dernier, son extension et sa rénovation par Jean Nouvel. Et qui consacre sa nouvelle et passionnante exposition, conçue il y a deux ans déjà, aux musées du XXIe siècle. Parce que, mazette, on en construit et on en projette beaucoup. En 1993, The Economist en recensait 23 000 à travers la planète. On en compte aujourd’hui 55 000. Dont le pionnier oxonien, l’Ashmolean Museum, qui date de 1683. Rien qu’en Chine, 300 nouvelles institutions muséales ouvrent chaque année. Une explosion exponentielle par vagues. Notamment les années 90 avec le célèbre «effet Bilbao» qui booste le tourisme urbain.

A quoi sert un musée aujourd’hui? Que doit-on y voir, y conserver? Sous quelle forme le proposer au public? Dans quelle enveloppe? Qui finance en sachant que le public a pris le relais des mécènes moyenâgeux mais que les finances des collectivités d’aujourd’hui ne suffisent plus toujours. Les polémiques politiques et citoyennes qui entourent souvent la construction ou la rénovation d’un lieu sont la preuve que la culture est un enjeu fondamental de la société. A Genève, à Helsinki, à Lausanne.

Dans ces murs qui n’ont pas (encore) beaucoup bougé depuis 1910, le MAH raconte tout ça en 16 projets. Qui n’ont d’ailleurs pas toujours (encore) abouti. Des maquettes de toutes les matières, des plans tout en transparence, des photomontages gorgés d’envies. A Sydney, Erbil, Washington ou Bir Zeit, pour la défense des cultures aborigènes, kurdes, afro-américaines ou palestiniennes, autrefois ignorées. Au Cap, où un mécène sauve l’art africain austral en bâtissant un écrin dans un ancien silo à grains (tiens, on aurait pu penser aux Moulins de Cossonay pour notre Musée cantonal des beaux-arts). A Pingtan, où on construit une île artificielle à côté de ce village de pêcheurs qui a été mangé par l’urbanisation. L’imagination comme seule limite.

Créé: 12.05.2017, 21h04

Claude Ansermoz, rédacteur en chef adjoint

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