Aucun mystère à l‘horizon des assurances-maladie

L’invitéChristophe Kaempf, porte-parole de SantéSuisse, répond, chiffres à l'appui, à une réflexion du Dr Cédric Mayer.

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Dans votre édition du 13 novembre dernier, dans une tribune intitulée «où passent les réserves de nos anciennes primes» le Dr Mayer prétend que les assureurs maladie auraient perdu des «sommes astronomiques» avec les réserves placées en bourse. Si M. Mayer avait pris la peine de consulter les chiffres de l’Office fédéral de la santé publique, il aurait réalisé que son affirmation est complètement fausse: le bilan des placements des réserves est positif, comme le confirment les statistiques de l’OFSP des 10 dernières années, et ce malgré la crise financière de 2008.

Rien que l’an dernier, les gains des placements des réserves ont représenté près de 281 millions de francs. Ces sommes profitent directement aux assurés: grâce à elles, l’augmentation des primes a pu être réduite de 1%.

M. Mayer ne croit pas que les primes reflètent les coûts de la santé. Pourtant, là aussi, les chiffres de l’OFSP sont clairs: entre 1996, date de l’introduction de la loi sur l’assurance-maladie obligatoire et 2016, les primes ont augmenté en moyenne de 4,1% par an, ce qui reflète exactement l’augmentation des coûts de la santé, qui, eux, ont crû de 4% en moyenne par année.

Et si les primes augmentent, c’est principalement en raison non pas du prix des prestations lui-même (à l’exception de certains médicaments), mais bel et bien de l’augmentation du volume de celles-ci.

M. Mayer se demande si les caisses cachent certains chiffres concernant leurs frais administratifs. Il n’en est évidemment rien: ceux-ci sont passés d’un peu plus de 8% des primes en 1996 à moins de 5% actuellement. En francs, ils ont toutefois légèrement augmenté: en 2003, les frais administratifs des caisses représentaient 129 francs par assuré et 159 francs en 2016.

Bien que le volume de travail des caisses n’ait cessé de croître pendant ces années – le nombre de factures à contrôler passant de 65 millions en 2003 à 110 millions (+70%) en 2016 – cette hausse des frais administratifs de 25% est bien plus modérée que celle des coûts de la santé à charge de l’assurance-maladie obligatoire, qui, eux, ont augmenté de plus de 60% dans le même temps (de 2328 fr. à 3778 fr. par assuré).

Ces chiffres démontrent, au besoin, que la concurrence entre les assureurs les incite à être les plus efficients possible dans leur gestion administrative, afin de proposer des primes attractives à leurs assurés.

Rappelons au passage que les contrôles des factures par les caisses permettent aux payeurs de primes d’économiser chaque année entre un et deux milliards de francs, soit entre 3% et 7% de primes.

Cette réponse contient beaucoup de chiffres, nous sommes conscients. Elle démontre que les assurances-maladie travaillent en toute transparence et que tout un chacun peut trouver quantité d’informations fournies par les caisses sur le site de l’OFSP, d’où proviennent la majorité des données que nous avons utilisées ici. Il est regrettable que M. Mayer ne se soit pas donné cette peine.

Créé: 21.11.2017, 15h38

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