Les «non-pratiquants» sont injustement déconsidérés

L'invitéJean-Brice Willemin réconforte par ces propos un grand nombre de chrétiens.

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On estime qu’aujourd’hui en Suisse environ 10% des chrétiens assistent au moins une fois par mois à un office religieux. Les plus assidus sont tentés de considérer les «non-pratiquants» comme des catholiques de seconde catégorie.

Un tel classement des baptisés d’après leur pratique religieuse est contesté par la théologienne française Valérie le Chevalier. Comme elle le souligne, les pratiquants dévots, réguliers, irréguliers, font tous partie de l’Église.

Dans son petit livre Ces fidèles qui ne pratiquent pas assez… Quelle place dans l’Église (Ed. Lessius), la professeure du Centre Sèvres, université des jésuites à Paris, rappelle d’abord que cette hiérarchisation date de la Réforme. L’Église catholique a cru alors bon de réagir en proclamant essentielle la participation à la messe du dimanche pour être un bon croyant. En ce XXIe siècle sécularisé, classer les baptisés n’a plus de sens; les «non-pratiquants» y sont indifférents.

Et pourtant, il arrive couramment que des prêtres émettent des doutes sur la sincérité de catholiques demandant un mariage devant l’autel. Déprécier la foi de baptisés peu religieux ne correspond pas à l’attitude du Christ face à ceux qui le suivent.

Jésus diversifie son message selon les personnes à son écoute. Il appelle certains à le suivre de près, voire de très près: ce sont les disciples et les apôtres. Mais Il ne propose pas à chacun de le rejoindre sur-le-champ; au contraire, il invite plutôt la plupart à reprendre leurs activités habituelles. Jésus ne dit-il pas maintes fois dans les évangiles, «va, rentre chez toi, ta foi t’a sauvé»?

Les hommes et les femmes guéris par Jésus, admirateurs d’un Jésus faiseur de miracles et peu attachés à des pratiques religieuses, perturbent les dévots d’hier et d’aujourd’hui. Et pourtant, tout baptisé n’est-il pas, par nature, relié au Christ? Car Jésus ne refuse jamais le dialogue avec quelqu’un qui l’approche. Le cœur de son enseignement, le Sermon sur la montagne et les Béatitudes, s’adresse à chacun.

L’Église catholique s’efforce aujourd’hui de parler aussi au 90% de baptisés trop vite classés de non-pratiquants. Le pape François s’abstient ainsi de parole moralisatrice sur leur vie sexuelle pour insister plutôt là où ça fait mal pour chacun de nous. Il répète, il martèle un message social – l’accueil des migrants – et une parole écologique – le respect de la nature – qui s’adressent autant aux pieux qu’aux mécréants.

Pour des habitués de la messe dominicale peu concernés par un engagement dans la société, c’est une sacrée remise en question. Comme le souligne le pape François, l’évangile appelle tous les baptisés à s’interroger s’il fait vraiment du bien, ou du mal, à ses frères humains et à la planète qui les font vivre. Et sur ce plan, il est impossible de distinguer «pratiquants» et «non-pratiquants». (24 heures)

Créé: 09.01.2018, 12h00

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