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Obwald, paradis fiscal, offre des cacahuètes à Zisyadis

Patrick Monay observe l'évolution du canton de Suisse centrale en matière d'impôts.

Vous n’avez sans doute pas oublié le coup d’éclat de Josef Zisyadis à Obwald. C’était en 2006. Le popiste vaudois, alors conseiller national, élisait domicile au bord du lac des Quatre-Cantons pour dénoncer avec fracas la politique fiscale menée par les autorités obwaldiennes. Objet de son courroux: l’impôt dégressif introduit quelques mois plus tôt, qui devait permettre aux grosses fortunes d’alléger substantiellement leurs contributions à la caisse de l’État.

À l’époque, le déménagement rocambolesque de Zisyadis lui a valu un déluge de critiques. Mais l’éphémère conseiller d’État (1996-1998) a indirectement gagné son combat: sous son impulsion, trois citoyens d’Obwald ont saisi le Tribunal fédéral, qui a jugé cette forme d’imposition anticonstitutionnelle en 2007. Le petit canton de Suisse centrale a donc dû revoir sa copie. Josef Zisyadis, sourire en coin, a pu savourer cette victoire sur la scène fédérale.

«S’il a dû faire une croix sur son impôt dégressif, Obwald n’en a pas moins réussi son coup»

Désormais retraité de la politique, le sexagénaire s’est installé avec bonheur sur une île grecque, comme le racontait «24 heures» cet été. Ces jours-ci, tout en s’occupant de sa vigne, il a peut-être une pensée pour Sarnen, la charmante bourgade où il s’est jadis exilé. Dans les chiffres rouges depuis 2014, Obwald se voit en effet contraint à augmenter ses impôts. «L’équation ne fonctionne plus», admet l’Exécutif cantonal. Les citoyens votent ce dimanche sur un plan destiné à combler un déficit structurel de 40 millions de francs par année.

Nouveau carton rouge pour dumping fiscal? Le Conseil d’État évoque plutôt une légère correction d’une stratégie fructueuse. Car s’il a dû faire une croix sur son impôt dégressif, Obwald n’en a pas moins réussi sa révolution. Depuis 2005, l’imposition des particuliers a baissé de 25%. Quant aux entreprises, elles profitent d’un impôt sur le bénéfice de 6% – le plus faible taux du pays. Résultat: une hausse de la population de 13% (37'700 habitants fin 2017), une économie prospère et des recettes fiscales en forte progression.

Dans le camp des «riches»

Cette croissance a entraîné une hausse des dépenses publiques et fait basculer Obwald dans le camp des cantons donateurs de la péréquation fédérale. D’où l’ajustement nécessaire aujourd’hui. Économies dans l’administration, réduction de subventions, hausse de la taxe auto: les autorités ont tout fait pour limiter les impopulaires mesures fiscales. La ponction sur le bénéfice des sociétés passera de 6% à un modeste 6,3%. Du côté des personnes physiques, l’impôt sur le revenu sera alourdi de 0,3 unité, celui sur la fortune de 0,02%.

Traduction de l’«Obwaldner Zeitung»: un riche contribuable, père de quatre enfants, disposant d’un revenu net de 300'000 francs et de 100'000 francs de fortune, paiera 43'600 francs d’impôts au lieu de 42'000 francs. Bref, il s’en remettra. Comme Josef Zisyadis sous le soleil de Grèce, le paradis fiscal obwaldien a de beaux jours devant lui.

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