Oubliés les beaux principes sur la question nucléaire?

L'invitéChristian van Singer pointe du doigt un changement projeté dans la loi sur l'énergie atomique.

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Le Conseil fédéral a toujours affirmé, en particulier par la bouche de Doris Leuthard, qu’en matière de nucléaire la sécurité de la population doit primer sur toute autre considération.

Lors de la révision de la loi sur l’énergie nucléaire, il s’était pourtant opposé au renforcement des dispositifs de surveillance des vieilles centrales, de plus en plus dangereuses avec l’âge, sous prétexte qu’on ne peut changer les règles en cours de jeu. Aujourd’hui le Conseil fédéral s’assied sur tous ces principes en proposant un affaiblissement des exigences réglementaires en matière de sécurité nucléaire.

Et il explique pourquoi: une action en justice de riverains des centrales de Beznau, et d’organisations écologistes, exige qu’un accident risquant de se produire tous les 10 000 ans ne puisse exposer les habitants à des doses dépassant 1 millisievert (mSv). Il propose de porter ce seuil à 100 mSv craignant que les tribunaux leur donnent raison, vu les ordonnances en vigueur!

Le Conseil fédéral se justifie: il souhaite suivre l’interprétation actuelle de l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN), qui affirme qu’en limitant la dose admise à 1 mSv on risquerait de devoir mettre hors service provisoirement «non seulement Beznau 1 et 2, mais vraisemblablement toutes les centrales de Suisse».

En effet les exploitants de Beznau ont admis qu’en cas de fort tremblement de terre la population risque d’être exposée à des doses de 29 mSv, l’IFSN a même calculé à 78 mSv.

Alors que l’avis de la communauté scientifique reconnaît l’effet délétère sur la santé des faibles doses radioactives, le Conseil fédéral n’hésite pas à soutenir une position laxiste et à modifier l’ordonnance sur l’énergie nucléaire dans l’unique intérêt des exploitants. Il propose, en oubliant ses affirmations antérieures sur la primauté des exigences de sécurité, d’exposer la population à un risque radiologique 100 fois plus élevé!

Les autorités devraient plutôt reconnaître que 5 centrales nucléaires industrielles ont déjà été détruites par des accidents majeurs (Three Mile Island en 79, Tchernobyl en 86, Fukushima 1, 2 et 3 en 2011). Que les faits ont mis en évidence un risque résiduel d’accident de 1 sur environ 2500 et pas de 1 sur un million d’années, ou sur 100 000 ans de fonctionnement de réacteurs, comme calculé par les promoteurs du nucléaire et admis par les entités de contrôle pronucléaires nationales (IFSN) et internationales (AIEA).?Il faudrait donc que le Conseil fédéral cesse de se réfugier derrière l’expertise de l’AIEA et de l’IFSN, et qu’il renforce les exigences en matière de sécurité nucléaire au lieu de les réduire.

Chacun a la possibilité de rappeler son opposition à l’affaiblissement des normes de radioprotection en répondant à la consultation ouverte jusqu’au 17 avril. (24 heures)

Créé: 30.01.2018, 17h09

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