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La paperasse envahit l’art sacré de la médecine

Emanuele Alfani plaide pour une véritable politique de santé humaniste.

La prochaine Journée mondiale du malade (lundi 11 février) a pour thème une citation d’un texte sacré, «Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement», où la joie du don gratuit devient indicateur de santé.

Quel contraste avec la culture postmoderne de l’efficacité et de la rentabilité, quelle opposition avec les calculs alambiqués des caisses maladie et leurs sombres lobbys, quelle dissonance par rapport à des politiques de santé qui axent leur action sur des considérations prioritairement économiques. Oui, le monde de la santé est malade quand il priorise le profit et l’optimisation, lorsqu’il accorde une importance préférentielle à la vitesse et au chronomètre au détriment du temps sacré des soins.

Aujourd’hui, une tendance se dessine clairement: la paperasse et la bureaucratie envahissent les structures de santé, précipitant les soignants dans le stress et la déshumanisation, les malades dans une médecine sans âme.

On soigne la maladie, rarement la personne malade et son caractère multidimensionnel bio-psycho-social-énergétique et spirituel. Le savoir médical et la technologie font des miracles mais, comme l’explique le sage, «le soin des malades a besoin de tendresse, de gestes gratuits, immédiats et simples comme une caresse».

Une véritable politique de santé humaniste devrait favoriser non seulement le «savoir-faire» des thérapeutes mais aussi leur «savoir-être», si indispensable pour un accompagnement holistique des personnes souffrantes.

L’approche scientifique et les conquêtes de la médecine restent profondément inhumaines sans écoute, empathie, attention et qualité de présence. En réalité, le corps somatise souvent ce que l’esprit subit et les ressources de l’âme se jouent parfois des pires diagnostics; la nature profonde de l’être humain reste un mystère pour la science.

Au fond de lui, l’homme cherche pourtant un sens à sa vie, bien au-delà des réparations du «patient-objet» qui tentent inutilement de faire oublier la nature impermanente de la condition humaine.

«Le malade, confronté à la finitude de l’existence, ne cherche pas seulement des pilules et des antidouleurs»

Le malade, confronté à la finitude de l’existence, ne cherche pas seulement des pilules et des antidouleurs mais des réponses plus vastes et supérieures qui parlent à son cœur et aux étoiles.

Finalement, c’est la bonté qui transfigure toujours l’aride technique et élève les soins au rang d’art thérapeutique où le but n’est finalement plus seulement la guérison physique mais aussi la réalisation de son potentiel divin.

Le défi consiste à promouvoir l’attention et la compassion comme outils essentiels des soins aux malades afin de conférer toute sa force, sa sacralité et sa noblesse à l’acte médical, comme don d’âme à âme et vol du héron qui fend les cieux vers une vie qui ne finit pas.

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