Passer au contenu principal

Les paradoxes de La Poste face à la société 24/24

Judith Mayencourt revient sur le fait que l'on pourra recevoir des colis le dimanche et montre que l'affaire n'est pas encore dans le sac.

Faire son shopping depuis son canapé, on connaît ça depuis longtemps. En revanche, dévaliser Zalando le samedi soir, et recevoir ses paquets le dimanche pour un essayage en toute tranquillité, même les acheteurs les plus compulsifs n’osaient pas en rêver. Pourtant, c’est bien ce petit miracle de la consommation moderne que La Poste veut accomplir. Il n’y aura pas de brigades postales mobilisées le dimanche, la loi actuelle l’interdit. La Poste sous-traitera la livraison des colis à des sociétés de taxis, qui travaillent, elles, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Avant même le début des essais pilote – notamment à Lausanne et à Genève – les syndicats sonnent la révolte. Ils dénoncent l’externalisation d’une partie de la mission des postiers, et président une baisse générale des conditions de travail, tant au sein de l’entreprise que chez les futurs sous-traitants.

«A la guerre comme à la guerre», réplique La Poste, pas peu fière de montrer sa capacité de s’adapter aux nouveaux marchés. Traîner les pieds dans le marché de la distribution des colis, en plein boum avec le développement du commerce en ligne, c’est prendre le risque de se faire piquer les clients par des concurrents. Aux Etats-Unis, le géant Google s’est lancé dans ce secteur. Marchés, clients, profits: outre Atlantique, les trois maillons de la chaîne économique sont au rendez-vous.

Les articles ABO sont réservés aux abonnés.