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Le Père Noël est une ordure et Jésus-Christ une superstar

Boris Senff nous donne sa vision des Fêtes de fin d'année.

Sur l’échelle d’une spiritualité déiste, je me placerais, au mieux, sur le palier d’un agnosticisme prudent, confondant la totalité cosmique avec la divinité, et, au pire, au niveau d’un athéisme épris d’un néant plutôt apaisant. Sur un registre purement symbolique, les croix de bois austères du protestantisme m’ont toujours moins fasciné que les bénitiers de pierre ouvragés des catholiques, aussi peu ragoûtante que soit l’eau qui y croupit… Pourquoi cet aveu de convictions personnelles et qui pourraient le rester?

C’est que, année après année, dans la jungle décembriste des sapins enguirlandés, dans la profusion de loupiotes étoilées, dans le sempiternel amoncellement de cadeaux aussi inutiles que les papiers dorés qui les recouvrent, apparaît avec constance la figure honnie du Père Noël. Avec sa tronche aussi bouffie que bonasse, sa barbe touffue masquant d’inavouables pulsions, le bonhomme emmitouflé dans son drapeau suisse double couche perd sans cesse de ses charmes scandinaves pour gagner en efficacité consumériste, en bras armé (de fourrure) du capitalisme de fin d’année et effigie de l’indigestion généralisée qu’une gorgée de Coca ne saura jamais résorber.

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