Le petit Jésus antidote contre la déshumanisation

L'invitéLes mots d'Emanuele Alfani réconfortent. Ils sont à l'opposé du tout commercial de cette période de l'année.

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Entre les sapins et les guirlandes lumineuses, le shopping compulsif et les départs en vacances, il est parfois difficile de trouver un sens profond à la fête de Noël. En effet, aux messes et aux cultes, on préfère le Black Friday, la chasse aux cadeaux inutiles et les réunions de famille improbables!

À Noël, à travers une instrumentalisation sans vergogne du religieux, c’est la société de consommation qui se met en scène et se magnifie, via le paradigme rationaliste du «avoir toujours plus et faire toujours plus vite». Se fait ainsi de plus en plus jour, une impression de vide et de manque de sens, que seul le sourire des enfants sait combler de mille et une étoiles.

En fait, Noël fête de qui, de quoi, pourquoi? Malgré le déclin du religieux, un enseignement spirituel universel irradie toujours la nuit de la Nativité. Certes, le temps est désormais à la robotisation et à la numérisation, à la technicisation et au «scientifiquement correct»; il paraît que l’intelligence artificielle fera notre bonheur. Avec une certaine fierté, certains professeurs préparent notre avenir: des robots pour tenir compagnie aux vieux, des machines à la direction des orchestres symphoniques, des ordinateurs à la place des enseignants, sans oublier les prostitués en plastique pour calmer les plus excités.

Il est conseillé d’être stressé, hyperactif, multifonctionnel, polyvalent, réactif, productif, performant, fort, musclé, efficace et, pourquoi pas, «jung, wild sexy». Les réseaux sociaux, le virtuel, les smartphones, les jeux vidéo ensevelissent notre âme sous une avalanche d’images et de bruits qui laissent peu de place à l’éveil des consciences. Toutefois, face à tant d’agitation et finalement de vide existentiel, la Nuit de Noël propose la contemplation d’un nouveau-né, comme sorte d’antidote contre la déshumanisation galopante de notre société matérialiste.

En opposition au concept puissant de «l’homme-objet» s’érige la figure d’un enfant qui rappelle la force et la beauté de toute fragilité. Au pied du berceau, l’invitation est saisissante pour un changement d’optique, un passage de la surface aux profondeurs, du superficiel à l’essentiel, des certitudes au mystère.

Au-delà des religions, des orientations sexuelles, des couleurs de la peau et des différences, une dimension supérieure surgit à l’aube de toute vie, invitant le pèlerin vers le voyage intérieur. Oui, il existe une alternative à la frénésie de l’homme surconnecté; elle s’appelle humanisation et elle attache de la valeur à l’usage du verbe aimer!

Et si l’énigme de Dieu n’était finalement éclairée que par l’innocence d’un simple gazouillement d’enfant, rappelant la grandeur et la noblesse de toute vie humaine. Accrochés à une étoile, en quête de sens, serons-nous capables, au milieu du brouhaha du monde moderne, d’entendre cette fragile voix de la vie? À Noël, «je crois en l’Homme, même défiguré, surtout à son étrange douceur» dit le poète marchant vers l’infini. (24 heures)

Créé: 12.12.2017, 15h17

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