Ne plus avoir peur du dentiste

L'invitéStéphane Montangero défend bec et ongles l'initiative pour le remboursement des soins dentaires.

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Vous aussi vous avez peur d’aller chez votre dentiste? Avant, en pensant à la piqûre ou à la fraiseuse. Pendant, bien entendu. Mais le pire vient généralement après: la hélas bien nommée «douloureuse». Et combien de Vaudoises ou de Vaudois réfléchissent à deux fois avant d’aller chez leur dentiste, conscients de tout ce que la dépense ainsi engendrée ne permettra pas de payer?

Pour y remédier, une large coalition citoyenne a fait aboutir une initiative visant à soulager le porte-monnaie des ménages, notamment de la classe moyenne. Or, le combat est un peu celui de David contre Goliath. D’un côté un budget de 70 000 fr., de l’autre, des centaines de milliers de francs. Les opposants ont refusé la transparence, mais ils ont du bout des lèvres avoué avoir ponctionné les quelque 439 dentistes vaudois de 600 fr. de contribution obligatoire de campagne, soit un montant de 263 400 auquel s’ajoutent les autres contributions de toutes les organisations patronales, pour qui un financement via un système aussi juste que celui de l’AVS, qui a fait ses preuves, est dogmatiquement insupportable.

Pourtant, le taux de cotisation paritaire devrait s’élever, selon le Conseil d’État, au maximum à 0,6%. Ces 0,3% à charge de l’employé et 0,3% à charge de l’employeur permettent de réaliser l’initiative selon le scénario étudié par le gouvernement. Ainsi, par exemple, une personne bénéficiant d’un salaire mensuel de 5930 fr. aurait à verser 15 fr. par mois. Cette somme modeste permet de couvrir l’ensemble de ses soins dentaires de base, ainsi que les contrôles et la prophylaxie, cela aussi pour ses enfants et ses parents retraités.

Dès lors, les opposants ont choisi de faire un grand écart dans leur campagne: du côté des prestations, ils prétendent que l’initiative ne permettra aucune avancée significative, qu’elle ne couvrira quasi rien de plus qu’actuellement. De l’autre côté, ce «rien de plus» coûtera des centaines de millions que nous devrions payer au moins trois fois, histoire d’être sûr de bien faire peur. Cherchez l’erreur!

En fait, l’UDC et ses alliés se mordent les doigts d’avoir fait capoter au Grand Conseil une solution médiane et raisonnable proposée par le Conseil d’État. Celle-ci, entre l’initiative et l’inacceptable statu quo actuel, permettait une approche pragmatique et équilibrée. Mais ils ont décidé de tourner le dos à la fameuse voie du «compromis dynamique». Et dès lors ils distillent des mensonges en espérant que les centaines de milliers de francs serviront l’adage qui dit que répété suffisamment souvent un mensonge devient une vérité.

Hélas, ces slogans ne vont pas payer les coûts du dentiste. L’initiative si. Alors, pour ne plus avoir peur du dentiste, ou en tout cas de ses «douloureuses», votons oui au remboursement des soins dentaires le 4 mars prochain! (24 heures)

Créé: 06.02.2018, 10h54

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