Par pitié, ne revenez plus

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Lorsque j’ai envoyé un courriel à mon fournisseur d’accès à Internet, j’ai reçu une réponse type me disant que ma demande avait été prise en compte (elle était même d’une importance capitale) et qu’une personne du service après-vente allait revenir vers moi dans les meilleurs délais. Lorsque j’ai envoyé un SMS à une copine pour lui proposer une sortie au cinéma prochainement, elle m’a répondu qu’elle allait regarder son agenda et qu’elle reviendrait vers mois au plus vite. Revenir… Moi, ce que j’aimerais surtout, c’est qu’elle vienne avec moi au kino pour passer une chouette soirée. Mon grand copain Larousse dit ceci du verbe revenir: «venir à nouveau, une autre fois quelque part».

N’ayant jamais vu l’employé du fournisseur Internet, il ne peut clairement pas revenir vers moi. Tout au plus, peut-il venir à ma rencontre. Mais si toutes les personnes qui utilisent la formule «je reviens vers vous/toi» se pointent à ma porte «dans les plus brefs délais», je vais avoir de gros problèmes avec mes voisins. Mais d’où vient ce tic de langage qui a envahi communications informelle et officielle? De l’anglais, of course.

I will get back to you as soon as possible. Et sa traduction: je reviens vers vous au plus vite (certains poussent le vice en remplaçant «au plus vite» par asap!). Finalement tous ces gens ne reviennent pas, ni d’entre les morts ni vers un lieu qu’ils connaissent déjà. Ils sont uniquement censés vous redonner des nouvelles, vous tenir au courant.

Par le passé, il était de bon ton d’utiliser des mots anglais dans un discours. Le plus célèbre est certainement le fameux week-end qui squatte désormais nos samedis et dimanches. Mais il y a aussi cool, hot, business, briefing, plus récemment les innombrables to-do list ou encore les moins fréquents job-sharing, entre autres. Je n’apprécie pas ces anglicismes, mais ils ont le mérite d’être honnêtes.

Tandis que les traductions d’expressions anglaises sont perfides. Elles passent inaperçues, elles s’infiltrent dans nos discours et dénaturent la langue française sans que l’on s’en rende compte. Malheureusement, les Québécois sont particulièrement contaminés. Eux qui traduisent le stop des panneaux en arrêt, qui n’ont pas de week-end mais des fins de semaine, qui mettent leurs voitures dans des stationnements plutôt que dans de vulgaires parkings… Ils font attention à ne pas utiliser des mots en anglais, mais ont tendance à en franciser d’autres. Le pire que mes pauvres oreilles ont entendu un jour, c’est le verbe «scheduler», à prononcer skédulé. Surtout ne revenez pas vers moi lorsque vous aurez trouvé sa signification, il y a déjà trop de monde à ma porte.

Créé: 23.09.2018, 17h24

Yseult Théraulaz, Rubrique Vaud et régions

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