Quelle place pour l’écologie dans l’action politique?

L'invitéFrançois Turrian s'interroge sur la volonté de protéger la nature et l’environnement en Suisse.

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Le départ soudain de Nicolas Hulot du gouvernement français secoue momentanément le landerneau politique français. Les convictions et la popularité du ministre et ancien animateur TV sont un coup dur pour le président Macron, mais aussi et surtout pour la cause environnementale en France.

«Vaud ne peut pas non plus se targuer de faire de la protection de la nature une priorité de son agenda politique»

En Suisse, il est souvent de bon ton de se moquer de l’immobilisme français en matière d’écologie. Hors des cercles des personnes convaincues, «Les Vacances de Monsieur Hulot» font jaser. La tentation du «y en a point comme nous» resurgit au détour des conversations de bureau ou de bistrot.

Pourtant, la Suisse – hormis la question du traitement des déchets et de la politique forestière – est loin d’être un si bon élève en matière de protection de la nature et de l’environnement. Notre pays héberge un nombre record d’espèces animales et végétales menacées. La construction des surfaces vertes se poursuit à un rythme effréné. Le pourcentage d’aires protégées est très faible par rapport à d’autres pays et largement en dessous des standards à atteindre pour satisfaire aux exigences de la convention sur la biodiversité. La Suisse utilise chaque année 2200 tonnes de pesticides, un tiers de plus par unité de surface que l’Autriche, pays comparable.

À l’échelle cantonale, Vaud ne peut pas non plus se targuer de faire de la protection de la nature une priorité de son agenda politique. Ces quelques exemples en témoignent. Dix ans après la fin des baux et cinq ans après le préavis négatif de la Confédération, les chalets situés dans les réserves naturelles de la rive sud du lac de Neuchâtel n’ont toujours pas été démantelés. Les nécessaires zones de tranquillité pour la faune sauvage se heurtent à de multiples oppositions des milieux touristiques.

Il y a quelques jours, la cheffe du Département de la sécurité et de l’environnement cherchait à passer en force en ne tenant pas compte de préavis négatifs de la Confédération, dans le cadre du défrichement important que nécessiterait la création du parc éolien d’EolJoux. Cette décision menace directement l’un des derniers sites occupés par le grand tétras, un des oiseaux les plus rares de Suisse. Et, dans le même temps et la même région, la Commune du Chenit a commencé, sur la base d’une simple autorisation délivrée par le Canton, à saccager une zone de pâturages boisés située dans l’inventaire fédéral des paysages les plus précieux de Suisse («24 heures» du 28 août) En vue: un parking et une zone de dépôts pour les futurs Jeux olympiques de la jeunesse.

Une des prochaines échéances pour la nature vaudoise sera le Plan d’action biodiversité, en élaboration actuellement au sein de la Direction générale de l’environnement. De son accueil dépendra en partie le sort réservé à la nature ces prochaines années. Pour savoir si, comme le disait Gilles, on a vraiment toujours «un si joli canton». (24 heures)

Créé: 10.09.2018, 06h55

François Turrian, directeur romand de BirdLife Suisse.

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