Quelle place dans les médias pour la parole des autres?

L'invitéDaniel Cornu observe les frictions entre liberté d'opinion et déontologie journalistique.

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Dès le milieu de la première décennie du XXIe siècle, la communication s’est profondément transformée. Les réseaux sociaux ont drainé des flux importants d’opinions et d’informations. Le public a pris la parole. Dans la presse traditionnelle, la parole des autres s’exprimait et s’exprime encore sur trois registres: l’interview, la tribune libre, la lettre de lecteur.

Ces registres d’expression ont en commun l’identité authentifiée des personnes, autrement dit la proscription des pseudonymes. Ils partagent aussi le fait que, dans tous les cas, la rédaction prend connaissance du texte avant publication. Il appartient ainsi à la rédaction de s’ouvrir à la parole des autres, et de la canaliser.

«Malgré les précautions prises, la publication de lettres de lecteurs n’est pas à l’abri de tout accident»

Malgré les précautions prises, la publication de lettres de lecteurs n’est pas à l’abri de tout accident: fausse identité ou, pire, usurpation d’identité. Mésaventure heureusement rarissime. Les membres de la rédaction en charge du courrier appliquent les normes déontologiques du métier, tout en accordant aux lecteurs la plus large liberté d’expression. Ils sont tenus d’intervenir lorsque les lettres contiennent «des violations manifestes».

L’évolution de l’internet et le développement des réseaux sociaux intensifient désormais la circulation de la communication, accélèrent le rythme de diffusion de ses contenus. N’importe qui peut devenir un média à lui tout seul en ouvrant son propre site, répandre les messages qui lui chantent, sans le moindre contrôle préalable.

Deux nouveaux registres d’expression du public sont apparus. Le premier est l’ouverture aux lecteurs de commentaires en ligne, en réaction aux productions rédactionnelles proposées sur les sites mêmes des médias. Le traitement en est assimilable à la gestion des lettres de lecteurs. À une différence près, qui est majeure: le pseudonyme y est admis, pour autant que l’auteur du commentaire se soit préalablement inscrit, indiquant ainsi un numéro d’identification IP. La spontanéité, l’immédiateté et la continuité des commentaires font obstacle, en effet, à une vérification a priori des identités.

Dans les titres romands de Tamedia («24 heures», «Tribune de Genève», Lematin.ch) la modération des contenus est confiée à une société spécialisée, Netino, en liaison avec les rédactions numériques concernées. L’objectif principal est d’écarter les commentaires diffamatoires et discriminatoires.

Le second registre d’expression du public ne concerne que les médias hébergeant sur leur site une plateforme de blogs. C’est le cas de deux des titres précités. Il est plus problématique. Non tant par les billets des blogueurs eux-mêmes que par les commentaires apportés par d’autres internautes. Les forums sont idéalement dédiés au débat. Livrés à des disputes et des chicanes, certains d’entre eux tendent à se transformer en arènes. Ils feront l’objet d’une prochaine chronique.

Créé: 28.02.2020, 06h40

Daniel Cornu, médiateur de Tamedia Publications romandes.

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