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Lausanne: une politique sans rêve ni ambition

On ne peut pas reprocher à Lausanne de ne rien faire en matière de culture. La diversité de l’offre proposée au public, comme l’ampleur des soutiens octroyés aux institutions ainsi qu’aux créateurs, placent la quatrième ville de Suisse au rang des plus généreuses du pays, voire d’Europe, avec 597 francs par habitant. Cette réalité lui vaut parfois des jalousies, mais le plus souvent des honneurs: ses musées, ses théâtres, ses compagnies de danse et ses ensembles musicaux font rayonner très loin le nom de la capitale vaudoise.

L’exercice quinquennal réalisé hier par le syndic laisse toutefois pantois. Avec une telle réputation et à l’heure de préparer l’avenir, Lausanne et son chef de la Culture peuvent-ils se contenter d’entériner l’existant, d’investir dans la pierre ou d’adouber des projets livrés clés en main? Certes, les finances de la Ville sont difficiles. Et, en matière de culture, Lausanne paie aujourd’hui encore le prix des ambitions frénétiques des années 1980 à 2000. La facture est lourde et il reste encore des scènes alternatives (développées dans le sillage des grandes institutions) qui réclament une assise solide. Doit-on pour autant chasser complètement le rêve? Il y a clairement un manque d’envergure affiché par cette Municipalité qui, depuis le début de la législature, s’est passé le dicastère de la culture comme une patate chaude. Hier, par exemple, c’est presque à reculons que la création d’une Maison du cinéma a été défendue par Daniel Brélaz. Il s’agit, pourtant, d’un projet fédérateur, idéal pour poser un acte volontariste dans une feuille de route politique. Un programme qui – c’est regrettable – se cantonnera encore quelque temps à de la simple gestion culturelle.

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