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Le porte-monnaie des clients n’est pas extensible à l’infini

Michel Curchod revient sur le projet de convention collective de travail pour le commerce de détail.

Dans les lignes consacrées par «24heures» le 22 janvier dernier au projet de convention collective de travail pour le commerce de détail, M. Vandenberghe, patron de Payot et président du Trade Club Vaud, en appelle aux «plus petits» (commerçants) pour qu’ils disent jusqu’où ils peuvent aller.

Rappelons ici les principales lignes du projet, qui auraient pour but de ne parler que d’une seule voix (laquelle?) pour être entendu par les autorités politiques sur les sujets suivants: ouverture prolongée des magasins «quelques» dimanches par an, harmonisation des horaires d’ouverture dans le canton, conditions de travail équitables pour les collaborateurs de vente.

Les réponses que je lui donnerais ne prétendent pas représenter l’ensemble des petits commerçants, mais simplement l’avis d’un détaillant spécialisé, actif depuis plus d’un quart de siècle à Lausanne et présent également à Genève et Berne.

Pour commencer par les dimanches, l’expérience bernoise, qui nous permet d’ouvrir depuis quelques années trois dimanches en décembre, démontre un déplacement des actes d’achat: avant, les clients se répartissaient de manière équilibrée sur l’entier de la semaine et assuraient un chiffre d’affaires constant et bienvenu en fin d’année. Maintenant, c’est vide du lundi au mercredi, les jeudis et vendredis restent dans l’attente du dimanche où tout devrait se concentrer… Résultat des courses: baisse générale des chiffres du commerce spécialisé! C’est dire si l’on n’est pas prêt à aller plus loin que le samedi 17h – 18h pour ceux qui le peuvent!

«L’expérience bernoise démontre un déplacement des actes d’achat»

Ce qui nous amène tout naturellement à l’harmonisation des horaires dans le canton. S’il est vrai que des structures comme Payot, Manor et autres peuvent jongler avec les disponibilités du personnel, il n’en va pas de même pour le petit commerçant traditionnel. Pas vraiment disposé à sacrifier son peu de temps libre, celui qui s’en tient à ses horaires voit une partie de sa clientèle migrer vers les grandes enseignes à chaque nouveau prolongement des horaires d’ouverture.

Enfin, nous noterons avec plaisir le souci que M. Vandenberghe porte aux conditions de travail de ses collaborateurs. Peut-être pense-t-il à un salaire minimum, ou à inclure les déplacements du domicile au lieu de travail dans les indemnités horaires, ce qui aurait pour effet plus que probable de favoriser l’engagement de personnes du cru…

On retiendra de tout cela que la motivation première de cette CCT reste, encore et toujours, la prolongation des heures/jours d’ouverture, comme si le porte-monnaie des consommateurs était extensible à l’infini.

Si l’on cessait enfin d’aimanter le citoyen par toutes sortes d’appels à la frénésie consumériste, peut-être nos clients (pas tous heureusement…) cesseraient-ils d’être déboussolés par l’offre pléthorique, et qu’ils réduiraient ainsi leurs actes d’achat – pas toujours très réfléchis – sur internet.

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