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Quelle posture pour agir face à cette démesure?

Carmen Tanner nous fait partager ses réflexions d'élue plongée dans la crise du coronavirus.

Voilà près de deux semaines que les mesures de confinement sont instaurées. Des semaines passées au rouleau compresseur d’un tsunami de doutes et de questionnements, les siens ou ceux des autres, pour une collectivité, celle d’une ville dont on a la charge avec ses collègues. Garder la tête hors de l’eau, conserver ce fichu sang-froid alors même que ces questions sont brûlantes, même suffocantes en temps «normal». Les scénarios de crise pour maintenir les besoins de la cité sont-ils suffisamment robustes? Comment sécuriser nos concitoyens d’eux-mêmes? Comment les accompagner au mieux? Comment être et rester un bon employeur?

Les réponses tomberont lorsque cette intensité sera passée, lorsque le recul rendra les choses digestes. En attendant, je ne les perds pas de vue, surtout pas, et j’observe tout en étant «dans le faire». Et dans ce carnet d’observation, passé cette première étape, certains outils semblent plus importants que d’autres.

«En temps de crise, on ne peut plus faire «comme avant»

La souplesse et l’imagination. Ces deux principes vont de pair. En temps de crise, on ne peut plus faire «comme avant», beaucoup de choses tombent ou doivent s’adapter, surtout dans une administration. Il faut un système agile, poreux, capable d’encaisser le choc en s’adaptant. Cette souplesse doit être activée comme une trame de fond nécessaire, partout, à tous les postes. Elle devient même une pirouette si l’on utilise avec rebond l’imagination. Et là on se réinvente, momentanément ou plus longuement, mais dans tous les cas de manière durable. Ce bête exemple criant: fini certains reliquats de validation en mode papier, il a fallu trouver leurs pendants numériques en quelques heures, pour que la machine puisse continuer à rouler.

L’intelligence collective. Cette situation est inédite. S’il n’existe pas une personne qui a LA solution, imaginez alors s’il faut DES solutions. Or, on le sait, un groupe a de meilleurs résultats si l’on laisse à ses membres la possibilité de réfléchir et d’émettre des idées et des avis. Le chemin se fait donc à plusieurs.

Plus que jamais un système pyramidal doit s’aplatir pour faire face à la tâche et ouvrir les ailes de tous. Faire circuler l’information est alors aussi primordial. Ainsi, pour le monde culturel chamboulé, nous avons répertorié au niveau local les questions, les réponses (quand il y en avait) ou simplement les bonnes idées. Toutes ces contributions, mises bout à bout, démontent petit à petit la complexité générale.

Prioriser. Derrière ce mot il y a cette notion de parer au plus important, pour ne pas être submergé. C’est vital. Pourtant, derrière ce terme «so déjà vu», certainement issu d’un manuel de management des années 1990, réside aujourd’hui cette nécessité de mettre des choses de côté, de faire le tri, comme la spécialiste du rangement Marie Kondo. Et dans cette phase de ralentissement généralisé un élément qui doit être lâché est la rentabilité. On ne peut plus demander la même chose, la même cadence. Il faut admettre de baisser la voilure, dans les projets, dans la frénésie.Pour ne pas s’emballer et se prendre les pieds dans le tapis… Le tapis de la maison.

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