Nous pouvons agir contre les feux en Amazonie

L'invitéAlberto Mocchi estime essentiel de sortir les denrées agricoles de l'accord signé avec le Mercosur.

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Les images glaçantes de la forêt amazonienne qui part en fumée ont suscité nombre de commentaires indignés, que ce soit dans les médias traditionnels ou sur les réseaux sociaux.

Voir l’un des poumons de la planète brûler a quelque chose de révoltant, et nous place de prime abord devant une certaine impuissance. Que pouvons-nous faire pour éteindre ces flammes, alors que des milliers de kilomètres de terre et de mer nous séparent de ce brasier?

Si nous ne pouvons malheureusement pas faire grand-chose contre les incendies actuels, nous pouvons par contre agir très concrètement pour éviter que de nouveaux n’éclatent dans le futur.

Car si la forêt disparaît, c’est avant tout pour laisser la place à une agriculture intensive, et plus particulièrement à des élevages de bovins et à des champs de soja. Le Brésil est le deuxième producteur mondial de cette céréale qui est abondamment utilisée pour nourrir le bétail. Parmi les importateurs de cette denrée figure également la Suisse. Aujourd’hui, la plus grande partie du fourrage consommé dans notre pays est certes produite localement, mais cela pourrait changer tout prochainement, au vu de la signature par le Conseil fédéral d’un accord de libre-échange avec les pays du Mercosur, dont le plus grand et peuplé est le Brésil.

«Signer un tel accord dans le contexte actuel a quelque chose de presque indécent»

Outre le fait que signer un tel accord dans le contexte actuel a quelque chose de presque indécent, c’est l’avenir de notre agriculture comme de la forêt amazonienne qui est en jeu. Afin d’ouvrir les portes de ces marchés latino-américains émergents à notre industrie, notre gouvernement est prêt à laisser importer massivement de la viande d’animaux élevés dans des conditions déplorables et du soja issu de la déforestation, accentuant ainsi un drame environnemental et créant une concurrence déloyale pour nos paysans.

C’est là un non-sens écologique et économique, qu’il est essentiel de corriger en sortant les denrées agricoles de cet accord et en conditionnant le reste à un respect de normes environnementales et à la mise en place de mesures concrètes de lutte contre la déforestation. L’Union européenne – qui est également en passe d’ouvrir ses marchés au Mercosur – et plus modestement la Suisse ont le pouvoir de faire entendre leur voix en la matière, et ont la responsabilité morale de le faire.

Les Verts suisses ont annoncé qu’ils lanceront un référendum en cas de ratification de ce traité par le parlement. C’est donc très vraisemblablement le peuple qui aura le dernier mot dans cette histoire.

En attendant de glisser notre bulletin dans l’urne, nous pouvons agir en tant que consommatrices et consommateurs, en évitant viande bon marché, produits à base d’huile de palme, meubles en kit ou encore cacao non certifié, qui sont autant de bourreaux silencieux des forêts tropicales.

Créé: 23.09.2019, 06h56

Alberto Mocchi, président des Verts vaudois, candidat au Conseil national.

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