Le président Erdogan en disgrâce après les élections

L'invitéMehmet Korkmaz salue la porte ouverte vers le changement en Turquie.

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Les élections du 31 mars 2019 ont donné une claque au régime du président turc Recep Tayyip Erdogan, même s’il tente à tout prix de l’annuler en toute illégalité. Durant les élections municipales, le régime avait saisi l’occasion pour intimider tous les partis de l’opposition avec des actes d’oppression, de détention, de chantage et de peur. Malgré cela, le peuple a opté pour le changement et la démocratie.

Les villes principales ont toutes voté contre Erdogan, grâce à la stratégie du HDP (Parti démocratique du peuple), qui a encouragé les électeurs à soutenir le CHP (Parti républicain du peuple). Ce dernier est aujourd’hui majoritaire dans beaucoup de métropoles, dont la capitale, Ankara, et Istanbul, toutes deux pour la première fois depuis vingt-cinq ans. Erdogan s’était même arrogé le droit d’éliminer des représentants kurdes élus dans les provinces kurdes, dans lesquelles les résultats sont sans appel: le président Erdogan est renvoyé à son palais et à sa gestion désastreuse des minorités.

Lors de ces élections, tout avait été fait pour empêcher les autres partis de participer. Le jour du scrutin, en particulier dans les provinces du Kurdistan, la population a rencontré de grandes difficultés pour se rendre aux urnes. Après l’ouverture des bureaux de vote et le début du dépouillement, la seule agence officielle de l’État, qui a partagé les résultats des bureaux de vote prétendument ouverts, a tenté de faire en sorte que les premières saisies de données montrent l’AKP vainqueur à 70%. Ils ont voulu masquer ou modifier les résultats, par des manipulations techniques. Le président du Conseil électoral suprême a même dû faire une déclaration: il a dû avouer avoir été manipulé.

À ce jour, on sait que le parti d’Erdogan n’a pas remporté ces élections: même le Conseil de l’Europe a exigé que ce dernier respecte ce résultat. La maire de Paris, Anne Hidalgo, a félicité Ekrem Imamoglu, nouveau maire CHP d’Istanbul, pour sa victoire.

Cependant, cela n’arrête pas l’immense arrogance d’Erdogan: confronté à son échec, il demande aujourd’hui l’annulation pure et simple du scrutin. Il tente également de gagner du temps pour effacer les traces de son passage: les magouilles, les détournements de fonds, la corruption généralisée qui était le fait de sa gouvernance.

Les résultats des élections sont une étape importante dans la lutte pour l’acquisition des droits et des libertés démocratiques. Celles-ci seront décisives dans le processus qui va permettre à la Turquie de sortir du fascisme et de la violence généralisée.

Avec cette élection, la population a donné une vraie claque au régime islamiste, et Erdogan a perdu son emprise. La porte est ouverte vers le changement. Les forces démocratiques et d’ouverture au monde sont en marche.

Créé: 10.04.2019, 06h41

Mehmet Korkmaz, conseiller communal POP, Renens.

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