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Prête à relever ce nouveau défi, l’agriculture se mobilise

Luc Thomas constate que la crise permet de considérer le paysan d’un œil nouveau ou retrouvé.

Il est courant de lire ou d’entendre que le monde paysan et le reste de la population ne se parlent plus, ne se comprennent plus. Il y a quelques décennies encore, chaque foyer entretenait un lien évident avec l’agriculture: proximité d’une ferme, contacts familiaux ou amicaux. Aujourd’hui, agricultrices et agriculteurs représentent un timide et presque marginal 3% de la population suisse, alors que leur mission demeure fondamentale: nourrir leurs concitoyens.

La crise sanitaire inédite que nous vivons non seulement bouleverse notre confort moderne, mais aussi recentre les préoccupations de chacun. Les mesures de confinement plus drastiques à peine annoncées par le Conseil fédéral mi-mars, ce phénomène s’est retrouvé symbolisé en quelques heures aux rayons papier de toilette et pâtes des supermarchés.

Si l’on se concentre sur le volet alimentaire de ces réflexes de panique, il est intéressant de relever, en un rapide raccourci qui va du blé au spaghetti, combien soudain le citoyen lambda se remet à considérer le paysan d’un œil nouveau ou retrouvé. Les premières peurs une fois (un peu) calmées, on se met en quête du commerce à la ferme le plus proche, voire on fait quelques kilomètres de plus que de coutume pour les courses, histoire d’aller s’approvisionner à la campagne, ce qui fait une balade par la même occasion, puisqu’on ne peut plus faire grand-chose d’autre.

«Les paysans savent bien composer avec les aléas, et avancer, travailler, remplir la mission»

Paysan, valeur refuge en pleine pandémie? Il y a un peu de cela. Car, au-delà de cette fonction productrice de denrées comestibles, le champ agricole renvoie à quelques fondamentaux identitaires de notre société, qui étaient presque devenus des fantasmes à coups de tertiarisation, d’urbanisation et de digitalisation: terre et terroir, dépendance à la nature, simplicité et authenticité, qualité.

Et l’agriculture, dans tout ça? À certains égards, elle est aussi victime du coronavirus. L’interdiction des marchés de rue et la fermeture des établissements publics frappent de plein fouet des producteurs, en particulier dans le maraîchage et la viticulture, avec le risque que les mesures de compensation étatiques développées de semaine en semaine oublient de soutenir cette population d’indépendants. La fermeture des frontières prive les exploitants d’une main-d’œuvre étrangère précieuse en ce début de saison de récoltes: des milliers de bras vont manquer.

Et pendant ce temps la nature, elle, n’attend pas. Elle est même précoce cette année, faisant craindre un autre danger, au moins aussi fort que le virus: le gel. Mais les paysans en ont vu d’autres et savent bien composer avec les aléas et avancer, travailler, remplir la mission. Ces derniers jours, la manière dont le tissu de vente directe s’est organisé et mobilisé montre bien qu’on peut compter sur les agricultrices et agriculteurs, dans ce canton comme partout en Suisse. Le coronavirus a rappelé l’agriculture au bon souvenir de la population? Eh bien l’agriculture sait se montrer à la hauteur.

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