À qui profite le crime de «No Billag»?

L’invitéAlberto Mocchi invite clairement à rejeter l'initiative fédérale de février.

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Dans moins de deux mois, le peuple suisse sera appelé à se prononcer sur l’initiative dite «No Billag». Le but de ce texte est simple: supprimer toute redevance et interdire le subventionnement par la Confédération de chaînes de télévision ou de radio.

Si un oui à l’initiative sort des urnes le 4 mars prochain, il en sera donc fini de la RTS et de ses collègues alémaniques de SRF ou italophones de la RSI, mais aussi de très nombreuses chaînes régionales qui profitent également des financements fédéraux. Les raisons de s’opposer à cet appauvrissement massif et soudain – les effets se feront sentir dès le 1er janvier 2019 – du panorama médiatique suisse sont aussi nombreuses que variées.

On peut évoquer la perte brutale de plusieurs milliers d’emplois, la disparition d’un système de solidarité fédéral qui permet à toutes les régions linguistiques de disposer de programmes de qualité, ou encore le coup dur pour la culture et le sport, qui profitent sous divers aspects des fonds de la redevance.

Mais il est un argument qui à lui seul devrait nous mobiliser contre ce texte dangereux et destructeur: celui de l’importance de disposer d’une information neutre et objective, basée sur des faits et permettant au débat démocratique de se dérouler paisiblement. De par son mandat de service public, la SSR est aujourd’hui la garante de cette impartialité, de ce respect de toutes les opinions qui sont à la base d’une démocratie vivante.

À l’époque des fake news et des nouvelles délirantes qui se répandent comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux, il est plus important que jamais de pouvoir disposer d’une source fiable, aux informations vérifiées et vérifiables.

Si télé et radio publiques ferment boutique, si le trend actuel de disparitions et de regroupements de journaux suit son funeste cours, il y a fort à parier que dans quelques années les sources d’information seront aussi réduites que peu fiables.

Les quelques médias privés qui auront survécu à ce grand chambardement seront en mains de groupes qui détiendront le monopole de l’information, et pourront l’utiliser à des fins partisanes. Ce n’est d’ailleurs probablement pas un hasard si l’on retrouve derrière «No Billag» le parti d’un certain Christoph Blocher, qui a massivement investi ces dernières années dans le rachat de titres de presse.

Quoi de mieux pour faire passer ses idées que de saborder le plus grand média du pays, offrant une information neutre et de qualité en toutes les langues nationales? C’est donc la qualité du débat démocratique et notre indépendance qui sont en jeu le 4 mars prochain. Verser un franc par jour de redevance et glisser un non dans l’urne, c’est au final bien peu cher payer pour préserver notre libre arbitre. (24 heures)

Créé: 05.01.2018, 15h22

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