Nous n’avons rien vu, mais nous en avons profité!
L’invitéÉric Davalle aspire à une profonde remise en question des habitudes économiques, médicales ou alimentaires.
La jeune génération est en train de nous renvoyer en pleine figure nos errements passés. Tout s’accélère et le tsunami des reproches et erreurs passés est, pour notre génération, dérangeant et déstabilisant.
En économie, nous avons loupé le «New Deal» de F. D. Roosevelt. Il exhortait de ne pas accepter tout modèle économique dominant. Le capitalisme libéral à court terme a créé une voie royale pour les grosses sociétés, les milieux financiers et industriels. Nous en avons bien profité. Bilan et en réaction, le populisme politique ne cesse de monter. L’élection de M. D. Trump est l’illustration du «choc commercial chinois», privilégié sans retenue. Des voix se sont levées pour fabriquer à nouveau local. Il fallait sauver le savoir-faire sur place, mieux et plus solide, mais pas assez rentable pour les dominants!
Du côté de la médecine et de son emprise sur la manière dont nous nous soignons, il en est de même. Nous avalons tout ce que les géants pharmaceutiques nous concoctent. Pourtant, il y a de plus en plus d’émissions médicales ou d’articles sur le sujet qui nous exhortent de privilégier les vertus connues de la nature. Le monopole du médicament nous a fait oublier les remèdes de grand-maman. Nous en avons aussi profité.
On est surpris de constater la montée des produits dits «bios» dans les étals des grands distributeurs. Ils prennent peu à peu la place des produits industrialisés. Comble de l’affaire, on découvre que les aliments et leurs dérivés couramment achetés sont trop sucrés ou trop salés, voire contaminés par des produits chimiques nocifs pour la santé. Les allergies s’accélèrent, comme les intolérances. Qu’avons-nous fait? Nous en avons encore une fois profité aveuglément.
«Ne devons-nous pas revoir avec une large ouverture d’esprit les fondamentaux oubliés?»
Avéré maintenant, le réchauffement climatique nous renvoie à notre consommation excessive, à l’utilisation sans limites des ressources naturelles et à celle des produits pétroliers. Nous n’avons rien voulu voir ou faire, là et ailleurs.
Il est donc temps de revoir les conditions de la proximité économique, les moyens de nous soigner, le choix des aliments que nous mangeons et de se demander ce que nous voulons consommer. Ne devons-nous pas revoir avec une large ouverture d’esprit les fondamentaux que nous avons oubliés par facilité?
Avec une population mondiale de 8 milliards d’habitants dont 70% vivront en site urbain, la question va devenir cruciale. Heureusement, ça bouge. La finance pense de plus en plus à une économie différente. L’industrie alimentaire change son fusil d’épaule et propose de plus en plus de produits sains. La médecine alternative à s’implante peu à peu avec des spécialistes bien formés et à l’esprit ouvert. Bien évidemment, tout cela va prendre du temps. La machine d’une remise en cause vers une vie plus saine et plus équitable semble en marche.
Ne nous cachons pas, pendant si longtemps nous n’avons rien voulu voir et nous en avons trop largement profité.
Créé: 28.11.2019, 06h55
Dr Éric Davalle, directeur ExMDI, chargé de cours en économie hydraulique EPFL.
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