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Pas de propagande «religieuse» dans les gymnases vaudois!

Nadine Richon attend de l’école publique que l'histoire des religions soit enseignée dans un cadre sans connotation religieuse.

Alors que le peuple suisse a accepté l’interdiction de la discrimination en raison de l’orientation sexuelle (9 février 2020), un gymnase vaudois, tel que décrit par «24 heures» du 13 février, offre à ses élèves en histoire des religions une visite dans une mosquée dont l’imam dit respecter les homosexuels «en tant que personnes», précisant: «Je n’accepte pas cette pratique, pas pour moi.» Cette vision archaïque d’une «pratique-choisie-discutable», est-ce bien ce que nous voulons présenter à de futurs citoyens?

Mais si l’on en croit le professeur accompagnant ces élèves, «nous ne formons pas des citoyens, des laïcs (sic) ou des athées, mais des gens bien informés». Pas comme en France, dit-il. Passons sur la confusion mal informée mais récurrente, hélas, entre laïques et athées, pour en venir à ce qui choque le plus: l’information délivrée par des religieux, dans des lieux tels que mosquées, églises, synagogues, alors que nous pourrions attendre de l’école publique que les propos tenus soient réservés aux seuls historiens des religions.

En outre, s’il faut vraiment que des élèves écoutent parler des curés ou des imams, pourquoi pas dans un cadre sans connotation religieuse et sans exclure les libres penseurs? Nous sommes légion en Europe, contrairement à ce qu’un gymnasien «informé» prétend dans cet article: «Je me suis rendu compte que les religions sont omniprésentes.» Mais non, jeune homme, vous vous dites athée, vous pensiez que les religions n’avaient pas d’importance particulière dans la société, hormis pour leurs croyants respectifs… et vous aviez raison!

«Cessons de laver les cerveaux de jeunes personnes intelligentes et bienveillantes»

Cessons de laver les cerveaux de jeunes personnes intelligentes et bienveillantes qui ne demandent qu’à accepter les religieux… jusqu’à leur accorder une «omniprésence» qu’ils n’ont pas et à laquelle ils ne doivent pas prétendre dans nos sociétés sécularisées.

Ensuite, le voile. Le même jeune homme considérait ce marqueur du sexe féminin «plutôt négativement» et là encore il avait raison! Mais après la visite à la mosquée, ce gymnasien s’est recadré lui-même: «Je me dis qu’il faut le respecter.» Évidemment, il faut respecter les femmes voilées, mais cela ne signifie pas respecter le voile. Il faut pouvoir continuer à dénoncer le voilement des femmes comme sexiste, et bien davantage islamiste qu’islamique, donc partie prenante de ce qui entrave aujourd’hui l’islam, de ce qui fait problème dans ce moment parce que ça participe du patriarcat, du social, du culturel, du politique, tous ces éléments qui pèsent sur la dimension spirituelle (que ce soit le voile ou la conception de l’homosexualité ci-dessus).

Le Réseau laïque romand s’insurge contre cette vision angélique des «religions», véhiculée au nom de «l’information», au moment où l’islam politique et d’autres mouvances de type évangélique s’arrogent le droit de se dire indispensables au-delà du cercle de leurs croyants.

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