À la recherche d’un équilibre pour le futur Conseil d’État

L'invitéRené Knüsel commente les changements à venir au sein de l'exécutif vaudois.

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La composition du Conseil d’État vaudois est appelée à être profondément transformée à la fin de la prochaine législature. Un certain nombre des titulaires actuels partiront; d’autres ont déjà annoncé leur départ. L’impression domine que l’Exécutif actuel, tout en ayant connu quelques mouvements, se qualifie par une grande stabilité et une continuité, enviée aux alentours. Par rapport à la situation prévalant durant la dernière décennie du XXe siècle, certains parlent même d’un miracle vaudois.

La conjoncture a été très favorable. Le citoyen et les Communes ont largement contribué à l’excellente situation des finances cantonales. Mais sans un gouvernement fort, imposant des choix parfois exigeants, le canton de Vaud ne pourrait se targuer de la place enviée qui est la sienne, cité plusieurs fois en modèle dans la résolution de situations au niveau fédéral.

Le «compromis dynamique», façonné au cours des dernières législatures, est forcément le fruit de décisions ne pouvant satisfaire pleinement l’ensemble des forces politiques. Des critiques se sont fait jour, tout en ne remettant pas fondamentalement en question certains équilibres, au grand dam des nostalgiques de débats politiques virulents et passionnés. Des voix se sont fait entendre pour dire que le Grand Conseil n’était plus qu’une chambre d’enregistrement.

Le «compromis dynamique» […] est forcément le fruit de décisions ne pouvant satisfaire pleinement l’ensemble des forces politiques

Avec le départ de Pierre-Yves Maillard, l’équilibre de ces dernières années va-t-il vaciller, les compromis remis en question? Sans rien diminuer aux mérites de MM. Maillard et Broulis, il serait erroné de prétendre qu’eux seuls étaient à la manœuvre. Les autres membres du gouvernement, moins médiatisés, ont aussi leur part du mérite, tout comme le Grand Conseil qui a joué un rôle de contrepoids.

L’Exécutif vaudois a déjà plusieurs fois connu des changements en son sein. Les Cassandre avaient prédit la fin de la formule, le basculement du gouvernement. S’il n’en a rien été, c’est que l’équation qui a fait ce succès repose certes sur des personnalités fortes, mais aussi sur un travail collectif qui n’a pas été sans tiraillements internes, sans luttes d’influence. La définition de l’intérêt général, conjugué sur différentes couleurs, a cependant prévalu. Et c’est sans doute cela qui caractérise le mieux l’idée du compromis dynamique.

Une telle formule peut-elle survivre au départ de l’un des artisans de cet état d’esprit et à celui, prévisible à terme, de Pascal Broulis? La réponse à cette question est entre les mains de l’électeur qui doit tenter de discerner, au fil des élections qui vont se succéder, celles et ceux qui sont en mesure de composer cet intérêt général, en dépit des divergences politiques.

Le premier rendez-vous est fixé au mois de mars. L’enjeu est d’importance! (24 heures)

Créé: 05.02.2019, 06h51

René Knüsel, politologue.

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