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Vers une reconnaissance du rôle des institutions médico-psycho-sociales?

Pierre-Yves Remy souligne les efforts accomplis par les accompagnants des personnes les plus vulnérables.

Sitôt la pandémie déclarée et les premières mesures urgentes prises en Suisse, l’attention et les mesures se sont focalisées, à juste titre, sur le maintien de la capacité hospitalière et notamment des soins aigus et intensifs. Les chiffres sur le nombre de lits disponibles et ceux en cours de création, sur les appareils respiratoires, les collaborateurs disponibles dans les hôpitaux, les renforts par l’armée et la protection civile ont inondé les informations.

Pourtant, lorsque les statistiques des personnes atteintes par le Covid-19 et celles des décès sont venues compléter les précédentes, le public a pris conscience que le combat ne se limitait pas à l’hôpital. On s’est alors aperçu qu’un des enjeux majeurs de la lutte contre le virus se situait en fait là où vivent les personnes particulièrement vulnérables. À savoir: à domicile, que ce soit à la maison ou en institution médico, psycho ou sociale.

«Les institutions ont dû faire preuve de créativité, les collaboratrices et les collaborateurs ont dû s’adapter, pour protéger au mieux celles et ceux qui nous sont confiés»

L’impression que nos institutions ont été mises au second plan ne se limite pas à la couverture médiatique. En termes de matériel de protection, les directives d’application ont dû être élaborées en fonction des stocks disponibles plutôt qu’en fonction des besoins réels et des prescriptions de sécurité. Les renforts, notamment les soldats sanitaires, ont tardé. Dans l’intervalle, les institutions ont dû faire preuve de créativité, les collaboratrices et les collaborateurs ont dû s’adapter, pour protéger au mieux celles et ceux qui nous sont confiés.

Prendre en charge des personnes atteintes d’une maladie inconnue et au mode de transmission somme toute aléatoire dans un lieu de vie est déjà un défi en soi. Alors que les visites sont interdites ou, pour le moins, limitées aux cas de rigueur, il faut aussi réinventer des liens avec les proches à distance.

Cruel dilemme

En psychiatrie de l’âge avancé, le dilemme est de faire cohabiter confinement avec déambulation. Tandis qu’en psychiatrie adulte, il faut réduire le risque de décompensation induit par un confinement strict sans sorties. Enfin, il faut aussi vivre l’échec et accompagner les familles dans leur deuil. Et le lendemain, il faut continuer.

Un immense merci doit être adressé à toutes les institutions médico-psycho-sociales et les organisations de soins à domicile pour leur rôle crucial, ainsi qu’à toutes les collaboratrices, tous les collaborateurs pour leur dévouement remarquable dans ces conditions difficiles pour préserver au mieux et autant que faire se peut la santé physique et psychique des plus vulnérables parmi nous.

Les pouvoirs publics sauront-ils reconnaître le travail accompli et accorderont-ils les moyens matériels et financiers nécessaires, y compris la revalorisation salariale méritée, pour continuer de remplir notre mission?

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