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Reculer Pâques pour fêter la sortie du confinement

Jacques Neirynck propose de célébrer cette «fête de la libération» au bon moment, soit à la fin du carême improvisé.

Nous vivons un drôle de carême, ces semaines-ci. Car nous avons la plus belle occasion d’en faire un véritable. Risquer sa vie pour les autres, la perdre par contamination, souffrir de la précarité et vivre confiné. N’est-ce pas une ascèse plus incisive que celle d’alcool? Le soin, les restrictions actuelles à la liberté n’existent qu’à cause de l’autre. C’est pour lui que se limitent les sorties, que se pratiquent les gestes barrières.

Églises ouvertes mais vides, sans offices. Les ministres du culte prêchent devant leurs tulipes. Les agonisants du Covid-19 meurent seuls, trop contagieux pour un accompagnement. Heureusement, il n’y a point de prophètes de malheur expliquant l’épidémie comme punition divine de nos péchés.

La Pâque juive commémore le miracle de la libération du peuple juif, sorti d’Égypte. La Pâque chrétienne célèbre le passage de la mort à la vie de Jésus. Au-delà de la foi religieuse, Pâques est pour tous la fête du printemps, la sortie de l’hiver, le passage de l’obscurité et du froid à la lumière et à la chaleur. Pourquoi ne pas la fêter au bon moment, à la fin du carême improvisé, comme la célébration par tous de la sortie du confinement?

La résurrection de Jésus a lieu le «troisième jour», expression qui désigne l’irruption du temps de Dieu, plus théologique que factuelle. Elle suggère que la résurrection ne saurait se circonscrire dans un moment précis mais qu’elle envahit toute une vie. Il en est de même de la fête. Sa date n’est pas un dogme.

«Le plus important, dans cette fête de la libération, n’est pas sa date, mais sa célébration la plus large possible. Et la plus significative»

La fête de Pâques est le 12 avril cette année. Il paraît peu probable qu’elle puisse être célébrée selon la coutume dans les églises pour les fidèles. Même si le confinement sera partiellement levé dans deux semaines, il serait prématuré d’organiser des réunions. Si aucune initiative n’est prise, la fête ne sera pas célébrée sinon dans les familles. Un temps fort de l’année sera escamoté.

Est-ce que les Églises peuvent modifier la date de Pâques? Pourquoi pas. Toutes les Églises ne sont pas synchrones. Les orthodoxes la célébreront cette année 2020 le 19 avril, une semaine après les catholiques, les protestants et les anglicans. La date est variable d’année en année parce qu’elle est calée sur le calendrier lunaire qui n’est du reste plus le nôtre. Le plus important, dans cette fête de la libération, n’est pas sa date, mais sa célébration la plus large possible. Et la plus significative.

En décaler la date, en cette année où le confinement est notre carême, loin de tuer le rite, ne ferait que le vivifier. Repoussons. Le reste n’est que scrupule. Observons ce que décident les autres acteurs de la vie sociale, qui ne sont pas plus bêtes que les chrétiens: les Jeux olympiques sont repoussés, les concours des hautes écoles aussi, et nous chrétiens resterions rivés à un calendrier qui court à côté de nous mais sans nous?

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