Passer au contenu principal

Le refus de la vérité n’est pas une éthique

Pour Patrice Mugny, le combat du cinéaste lausannois Fernand Melgar est juste.

Ainsi, le cinéaste Fernand Melgar a renoncé à un poste d’enseignant à temps partiel dans une école dite d’art. Cela après avoir été vilipendé parce qu’il a filmé et dit que des dealers, en général noirs, pourrissaient la vie d’habitants de son quartier.

Cette histoire est un reflet parfait d’une certaine ambiance bien-pensante dans laquelle nous baignons de plus en plus. Cela ne date pas d’hier mais se développe avec une surprenante facilité, je veux dire avec un manque de résistance assourdissant.

«Fernand Melgar a raison. Et nombre de ses détracteurs n’ont pas et n’auront pour la plupart jamais son courage et sa détermination»

On avait déjà subi cette évolution avec les critiques à l’égard d’Israël, qui vous cataloguaient automatiquement comme antisémite, les réactions à l’islam politique, qui vous mettaient dans le sac des islamophobes, la volonté de débattre du droit d’adoption par des homosexuels, qui vous enclavait dans l’enceinte des homophobes, etc.

Nombre de partis politiques en sont responsables pour n’avoir pas débattu en leur sein de ces problèmes délicats de notre société. Il y a un tabou quasi général. Dit autrement et un peu caricaturalement, les seuls que l’on peut fustiger en se voyant applaudir ce sont les Blancs, hommes, hétérosexuels, et non handicapés. C’est bien connu, les Noirs, les juifs, les Arabes, les homos et en général les femmes ne peuvent pas être racistes, oppresseurs ou délinquants. Ou alors, ils ont de bonnes raisons de l’être devenu.

Je me souviens de ceux que l’on nommait les «zizous» algériens, qui agressaient, parfois avec violence, des quidams dans des rues du quartier genevois des Pâquis. Il a finalement fallu que des commerçants du coin, en majorité d’origine étrangère et, pour certains, nés dans des pays arabes, organisent une forme de protection privée pour que les choses évoluent. Certains élus craignaient probablement l’opprobre de leur camp, qui aurait considéré une action comme discriminante pour ces pauvres délinquants d’origine étrangère.

Défendre les laissés-pour-compte

Oui, nous avons le droit de défendre les droits des requérants d’asile, des sans-papiers, des laissés-pour-compte de notre société d’opulence partielle et de dénoncer les attitudes déplaisantes, voire pire, de gens issus des milieux que nous défendons. Cela pour le plus grand profit de ces mêmes milieux. Les pauvres ne sont pas tous gentils et/ou victimes.

Fernand Melgar a raison. Et nombre de ses détracteurs n’ont pas et n’auront pour la plupart jamais son courage et sa détermination. J’ai vu ses films. Magnifiques. Je l’ai vu lors d’un voyage culturel en Tunisie. Magnifique. Un vrai artiste. Un homme de cœur. Proche des gens. Et dire que ce sont ceux qui refusent la vérité de la réalité qui prétendent donner des leçons d’éthique. Navrant.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.