Résolution pour 2020: faire bonne place à la solidarité
L'invitéRené Knüsel rappelle que nous n’existons qu’avec les autres, incapables de vivre en autarcie.
La solidarité constitue un des piliers de la vie en société. Elle tend cependant à se faire discrète dans les manifestations de la vie moderne. Pourtant, son existence explique probablement la survie de l’être humain dans le long terme. Elle est un devoir social, témoigne de l’assistance entre les membres d’un groupe, d’une communauté. Elle met en évidence ce qui les unit.
À l’origine centrée sur les liens de la famille et du clan, la solidarité s’est progressivement étendue à des groupes identitaires plus larges, d’ancrage territorial comme la commune, voire le canton. Des formes alternatives se sont également développées au travers de contrats, formalisés ou non. Les adhérents à un syndicat, à une coopérative, à une assurance relèvent de ce cas de figure.
Depuis quelques décennies, les discours sociaux et surtout politiques basés sur la solidarité font passer leur auteur pour ringard, pis, gauchiste. Lorsque les maîtres-mots du politiquement correct sont la responsabilité et l’autonomie, parler de solidarité est considéré comme un aveu de faiblesse. Mais opposer solidarité à autonomie, comme connoter le terme d’une teinte politique, est faire fausse route. Nos sociétés se fondent sur la solidarité, parce les individus qui la constituent doivent composer avec des besoins qui évoluent dans le temps et au cours de la vie.
«Être solidaire signifie se sentir concerné par la situation de l’Autre et accepter de vivre dans cette dépendance réciproque»
Le vivre-ensemble ne peut se pratiquer que dans des espaces d’échange, de reconnaissance mutuelle, dans lesquels chacun est identifié au travers du fait qu’il reconnaisse dans l’Autre un semblable en ressources et besoins. La solidarité est faite de responsabilités à l’égard de l’Autre comme de soi-même. Être solidaire signifie se sentir concerné par la situation de l’Autre et accepter de vivre dans cette dépendance réciproque.
À trop oublier ce fondement du vivre collectif, à par trop vouloir insister sur la propension de chacun à être autonome, notre société risque une dérive vers le chacun pour soi et un individualisme outrancier. Pourtant, nous n’existons qu’avec les autres, incapables de vivre en autarcie, alors même que nous nous efforçons de l’ignorer. Nous dépendons d’autrui, mais les efforts à consentir nous pèsent, que ce soit dans l’attention qu’il faut prêter à son voisin de palier ou dans l’accomplissement d’actes citoyens, comme le paiement de l’impôt.
La solidarité se vit au quotidien, dans l’attention que nous nous portons les uns aux autres, dans le fait de contribuer à édifier ensemble l’environnement que nous sommes appelés à partager.
Au moment de prendre de bonnes résolutions en ce début d’année, méditons cette phrase essentielle du préambule de la Constitution fédérale: «La force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres.»
Créé: 07.01.2020, 06h41
René Knüsel, politologue.
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