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Afin de revenir sur les dangers d’un islam normatif

Le philosophe et théologien Jean-Marc Tétaz avec six coauteurs* reviennent sur la réflexion écrite par Shafique Keshavjee et postée jeudi dernier.

Vendredi 13 novembre, le pasteur Keshavjee mettait en garde contre les dangers de l’«islam normatif». Ce courant viserait à soumettre le monde, ferait régresser les libertés fondamentales et persécuterait les minorités religieuses. Les attentats de Paris semblent lui apporter la plus horrible des confirmations.

Le raisonnement est un peu court. En effet, ces attentats – comme ceux de Beyrouth – n’ont rien à voir avec un soi-disant «islam normatif» pour la simple raison que cette idée est dépourvue d’existence historique. Ce terme désigne l’élaboration juridique de l’islam par les juristes musulmans du IXe au XIVe siècle de notre ère. Or, selon les historiens, ces travaux furent loin d’aboutir à un consensus reconnu par tous, partout et toujours. L’islam est resté pluriel. De surcroît, aucune religion ne cesse d’évoluer simplement parce que quelques théologiens ont déclaré qu’elle n’a plus le droit de se modifier. L’islam normatif n’est rien d’autre qu’un OVNI, un «objet verbal non identifiable».

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