Le revenu de base inconditionnel, c’est libéral

L'invitéLe Vert Laurent Rebeaud revient sur une initiative balayée au National pour montrer que son pari s'inscrit dans celui du libéralisme.

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Accorder à chaque habitant une allocation permettant de vivre dignement et de participer à la vie publique. Tel est l’objectif de l’initiative populaire pour un revenu de base inconditionnel (RBI), actuellement soumise à l’examen des Chambres fédérales. Au Conseil national, elle n’a trouvé que 14 voix favorables, toutes écologistes ou socialistes. Les représentants des partis bourgeois l’ont refusée à l’unanimité, comme s’il s’agissait d’une nouvelle utopie de l’extrême gauche. Espérons que le Conseil des Etats se donnera la peine d’approfondir la question.

L’idée du RBI n’appartient pas à la gauche ou à la droite. Elle a été soutenue aussi bien par Karl Marx («à chacun selon ses besoins») que par l’ultralibéral Milton Friedmann (impôt négatif). Elle a un aspect social, puisqu’elle vise à éradiquer la pauvreté. Elle a aussi un aspect libéral, car elle vise à accroître l’autonomie et la responsabilité des personnes, à stimuler l’emploi et à réduire la bureaucratie étatique.

L’autonomie des personnes est centrale. Le RBI n’est pas un salaire, ni de l’aide sociale, mais une allocation automatique. Il permet à chaque individu de choisir les activités pour lesquelles il se sent le plus doué et le plus motivé, indépendamment du salaire. Il permet aussi à la société de valoriser, de manière forfaitaire, les prestations bénévoles offertes par les militants des associations à but idéal, par les proches aidants ou par les femmes (et parfois les hommes) qui sacrifient tout ou partie de leur carrière professionnelle à l’éducation de leurs enfants.

Le revenu de base inconditionnel n’est pas un salaire, ni de l’aide sociale
Sans doute y aurait-il des individus qui profiteraient du RBI pour ne rien faire. Mais qui, en Suisse, cherche son bonheur et l’épanouissement de sa personnalité dans l’inutilité et le parasitisme? À cet égard, le RBI aurait un avantage décisif sur le système actuel: il éliminerait les cas où il est plus avantageux de recourir à l’aide sociale que de prendre un emploi rémunéré. Le RBI est un socle intangible. Contrairement à l’aide sociale, il ne peut pas être supprimé ni réduit. De ce fait, il encourage le retour de chacun sur le marché de l’emploi, même pour un job précaire, à temps partiel ou relativement mal payé.

Enfin, le RBI permettrait d’alléger l’appareil bureaucratique destiné à vérifier le droit à l’aide sociale. Les conseillers en placement et les assistants sociaux pourraient se concentrer sur leur vraie mission, qui est d’aider les exclus à retrouver une place dans la société. L’Etat n’y gagnerait aucun pouvoir: son rôle, purement administratif, se limiterait à récolter les fonds destinés au RBI et à les distribuer à qui de droit.

Tout cela procède d’un pari sur la personne libre et responsable. Mais n’est-ce pas exactement le pari du libéralisme?

(24 heures)

Créé: 05.10.2015, 17h53

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