La conférence sur le climat et le réverbère

L'invitéChristophe Reymond estime que le climat ne saurait se résoudre à la question des ours polaires dérivant sur la banquise.

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Tout le monde connaît l’histoire de ce noctambule qui, ayant égaré ses clés, ne les cherchait que sous un réverbère, seul endroit où il y avait de la lumière. Ce pourrait être une parabole pour la fameuse COP21 sur les changements climatiques qui se tiendra dès la semaine prochaine à Paris. Une parabole car s’il s’agit, selon les superlatifs en vogue, de «sauver la planète», on a le droit de douter que les clés du sauvetage soient à rechercher exclusivement sous le réverbère du réchauffement climatique.

Le fait même que la COP21 s’ouvre dans la capitale française quinze jours après les attentats islamistes place d’ailleurs la conférence sous une perspective nouvelle. Avant le 13 novembre, on observait le déferlement médiatique habituel dès qu’il s’agit du climat. Entre canicules, particules fines, montées des eaux et ours blancs à la dérive, un festival d’apocalypses préparait le terrain. Or, ces enjeux d’importance ne sont pas les seuls à mériter l’attention de la communauté internationale. Les guerres, civiles ou ethniques, continuent d’être une réalité; et les conflits religieux; et les failles dans les dispositifs antiterroristes des pays libres.

Le sauvetage de la planète ne tient pas à la seule réduction des gaz à effet de serre

Même dans un registre moins belliqueux, les avanies dont souffre notre bonne vieille terre sont multiples: crise alimentaire et de l’eau potable, crise migratoire et humanitaire, crise financière et de l’endettement. Elles sont essentiellement liées au dévoiement politique et à la surpopulation, peut-être un peu à la mondialisation, pas vraiment aux émissions de gaz à effet de serre.

Cela ne signifie pas que la réunion soit vaine sous le réverbère parisien de la COP21. En soi, il est heureux que la quasi-totalité des pays du globe se concertent à propos d’un défi transfrontalier par nature. On doit aussi se réjouir que se discute la question de notre surconsommation carbonée, y compris pour des raisons autres que climatiques. Une limitation aurait ce double effet de diminuer la pollution et de desserrer notre dépendance financière et politique à l’égard des détenteurs du pactole pétrolier.

L’obstacle demeurera, y compris après la COP21, de faire rimer écologie avec économie, sans entrer dans la dialectique de ceux qui prônent moins d’activités économiques pour moins d’émissions nocives. La décroissance des intégristes verts ne se produira pas, parce que les pays émergents n’aspirent qu’à rattraper un retard de croissance historique et parce qu’en Occident, ils sont peu à souhaiter vraiment le déclin.

On se prend donc à rêver que la mobilisation parisienne se réalise en dehors des peurs paniques, des illusions malthusiennes et des logorrhées punitives. Car il doit être possible de parler de la planète sans haine du progrès, de la science et des entreprises.

Créé: 23.11.2015, 10h52

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