La RFFA, expression parfaite de la sagesse suisse

L'invitéeClaudine Amstein soutient le projet soumis au vote le 19 mai.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

L’adoption de la réforme fiscale liée au financement de l’AVS (RFFA), le 19 mai prochain, semble en bonne voie selon les sondages. Mais rien n’est fait, car l’enjeu est complexe. Nombre de citoyens se méfient encore d’un projet marqué du sceau du compromis. Or pouvons-nous décemment dire non à 2 milliards de francs pour l’AVS, à 1 milliard pour les Cantons et les Communes, et à l’abolition des statuts spéciaux? Le bon sens commande clairement d’accepter la RFFA, car ce projet, issu d’un travail parlementaire de qualité, permettra de sortir enfin des blocages relatifs à ces deux dossiers clés pour notre pays.

L’économie, pour bien fonctionner, a besoin de sécurité. Or le climat mondial demeure incertain, entre le Brexit, la guerre commerciale à laquelle se livrent les États-Unis et la Chine, ainsi que le ralentissement global de la conjoncture. Ce contexte est anxiogène et nuit à la confiance, sans laquelle entreprendre demeure délicat. Nos entrepreneurs ont besoin d’un cadre fiscal clair et d’un contexte juridique sûr. L’abolition des statuts spéciaux est indispensable. Une économie solide est garante d’emplois et d’investissements.

Les référendaires qui attaquent le volet social du compromis ne proposent aucune solution de rechange et mettent par là en péril une assurance capitale pour la Suisse. Cette semaine encore, on a appris que le fonds AVS avait accumulé une perte de 1,038 milliard de francs en 2018, en raison de l’augmentation du nombre des rentiers et des mauvaises performances des placements boursiers. Si les 2 milliards versés à l’assurance vieillesse ne résoudront pas la question de sa pérennité, ils constitueront un ballon d’oxygène plus que bienvenu en attendant une solution à long terme qu’il s’agira de concocter après les fédérales d’octobre prochain.

Dire oui à la RFFA, c’est tout simplement dire oui à l’avenir

Même si cette solution est imparfaite, il n’en existe pas de meilleure. Rappelons que la RFFA constitue déjà un plan B, après les refus de la RIE III fédérale en février 2017 et de Prévoyance 2020 en septembre de cette même année. Si le peuple dit non à ce paquet, il n’existe pas de solution de rechange. Rejeter ce projet, ce serait ouvrir la voie à un plan C comme chaos.

Celles et ceux qui critiquent le compromis de la RFFA oublient la sagesse populaire dont notre pays est si souvent capable. Les Suissesses et les Suisses ont le bon sens chevillé au corps. Même si elle ne résout pas tout, cette loi représente incontestablement un progrès. L’abolition des statuts spéciaux ne se discute pas, car le statu quo n’est pas possible dans le domaine fiscal. Les entreprises internationales paieront davantage d’impôts, alors que les nôtres en paieront moins. C’est un atout pour celles-ci. Au vu des comptes de l’AVS, 2 milliards en plus ne seront pas de trop. Et chacun, de l’employé à l’employeur, fera un effort de manière équitable.

Dire oui à la RFFA, c’est tout simplement dire oui à l’avenir.

Créé: 06.05.2019, 06h47

Claudine Amstein, directrice de la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie.

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.