S’opposer aux préjugés sur les musulmans avec des faits

L'invitéPascal Gemperli revient sur la question du financement des associations musulmanes.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

La solidarité et la justice sociale sont des valeurs fondamentales en islam. La zakat, l’aumône, en est l’expression cultuelle. Il en existe deux types: pour la rupture du jeûne à la fin du ramadan, un petit montant fixe par personne, et l’aumône sur l’argent, souvent interprétée à hauteur de 2,5% de l’argent économisé et immobilisé durant l’année. Ces montants sont habituellement versés à des associations qui ensuite les transfèrent aux bénéficiaires nécessiteux, en Suisse ou ailleurs dans le monde. C’est une pratique que je connaissais déjà, sous d’autres termes, dans mon passé chrétien. Les valeurs et pratiques se rejoignent.

La zakat est donnée sans condition aucune, le donateur n’attend aucun retour. L’altruisme désintéressé et la discrétion sont le leitmotiv, tout en respectant le hadith du Prophète disant que l’aumône se fait de sorte que la main gauche ne sait pas ce que la main droite donne.

«Toutes ces attaques, tous ces livres, perdront leur valeur»

Ces principes sont universels en islam et je n’ai aucune raison de croire qu’un Qatari lambda ne ferait pas de même. Selon les informations à ma disposition, la Qatar Charity est une association non gouvernementale qui collecte et redistribue la zakat des Qataris. C’est une œuvre de bienfaisance qui, à l’instar de certaines œuvres chrétiennes chez nous, aide leur communauté de croyants dans le monde afin qu’ils puissent vivre leur foi dignement. La situation a changé aujourd’hui, mais dans le passé, vu du Qatar, la Suisse a dû ressembler à un pays sous-développé avec son islam des caves et des garages.

Le récent livre de MM. Malbrunot et Chesnot («Qatar Papers. Comment l’émirat finance l’islam de France et d’Europe», «24 heures» du 4 avril 2019) rallume la mèche du financement étranger mais n’apporte aucune information nouvelle. Une fois les étiquettes, les suspicions et les présupposés éliminés, il ne reste plus rien à exploiter de manière objective. Pourquoi alors cette surprenante attention médiatique? Notre cerveau essaie de se faciliter la tâche, il étiquette et catégorise pour que nous puissions nous retrouver plus facilement dans ce monde de plus en plus complexe. Les idées préconçues ont ainsi tendance à se confirmer à chaque occasion.

Réalité contre préjugés

Pour casser ce cercle vicieux, il faut provoquer ce qu’on appelle une dissonance cognitive, donc une observation réelle qui contraste avec les préjugés. C’est ce qui arrivera, je le pense, avec la procédure de vérification de notre demande de reconnaissance d’intérêt public. Un groupe d’experts fera passer l’UVAM et ses membres sur le scanner. Cela sera fait, j’en suis convaincu, de manière objective et méticuleuse.

Si cette opération se termine avec un résultat positif, toutes ces attaques, tous ces livres, perdront leur valeur et certains agitateurs perdront donc leur fonds de commerce. C’est bien ce qu’ils craignent et pourquoi ils se manifestent avec virulence ces derniers temps. S’ils étaient sérieux et authentiques dans leur démarche, ils ne pourraient que saluer la vérification officielle et étatique du caractère transparent, pacifique et démocratique des mosquées vaudoises.

Créé: 02.05.2019, 06h43

Pascal Gemperli, secrétaire général de l'Union vaudoise des associations musulmanes.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 7

Paru le 21 septembre 2019
(Image: Valott?) Plus...