Pour un salaire minimum dans le canton de Vaud!
L'invitéJean-Michel Dolivo s'élève contre la pauvreté découlant du travail mal rémunéré.
Le mouvement des «gilets jaunes» en France dénonce le creusement des inégalités de revenus et des injustices fiscales. Il exprime une colère légitime contre un système qui profite à une toute petite minorité de très riches actionnaires et de multimilliardaires.
«Des femmes et des hommes ne parviennent pas à vivre de leur travail»
Dans le canton de Vaud également, parce que des employeurs refusent de verser un salaire décent, de nombreuses travailleuses et travailleurs ont des difficultés à nouer les deux bouts à la fin du mois. Souvent, elles et ils doivent recourir à des aides sociales pour survivre dans un pays parmi les plus riches du monde! À l’instar des cantons de Neuchâtel, du Jura et du Tessin, Vaud doit se doter d’un salaire minimum légal afin de combattre cette précarité. Il est inadmissible que des femmes et des hommes ne parviennent pas à vivre de leur travail. Une majorité des salariés gagnant moins de 4000 fr. par mois pour un plein-temps sont des femmes. Un salaire minimum cantonal représentera un pas significatif vers l’égalité salariale dans les faits. L’amélioration du revenu de ces salariées durant leur vie active aura également pour effet d’améliorer leur rente à la retraite.
L’introduction d’un salaire minimum légal à 4500 fr. permettra de lutter contre la pauvreté découlant du travail mal rémunéré en agissant sur les véritables responsables de cette précarité: les employeurs qui se livrent à la sous-enchère salariale. Parce que nombre de secteurs économiques ne sont pas couverts par des conventions collectives de travail (CCT), un salaire minimum légal est le seul moyen pour des dizaines de milliers de salariés d’obtenir un salaire à peu près décent. C’est dans ces secteurs que sévit principalement la sous-enchère salariale résultant des abus patronaux. Même dans certaines branches pourtant soumises à une convention collective ou un contrat type, les salaires minimaux n’ont rien de décents. En 2019, c’est par exemple le cas de l’hôtellerie-restauration, où le salaire mensuel pour la catégorie la plus basse (employé sans apprentissage) s’établit à 3470 fr., du travail temporaire, avec un salaire mensuel de 3475 fr. (employé sans formation professionnelle), ou encore du nettoyage, avec un salaire horaire de 20 fr. 10 brut (un employé sans qualification).
Ceux qui prétendent qu’un salaire minimum légal aura pour effet de tirer l’ensemble des salaires vers le bas se trompent. Les salaires actuels plus élevés ne le sont pas par hasard: ils résultent de la capacité de négociation individuelle et collective, et de la nécessité pour les employeurs de recruter et de fidéliser de la main-d’œuvre qualifiée et/ou motivée. Ce n’est donc pas le fait de fixer une limite inférieure aux bas salaires qui poussera les employeurs à s’en rapprocher alors qu’ils pourraient déjà le faire aujourd’hui. Au contraire, revaloriser les bas salaires, qui sont généralement ceux des moins qualifiés, aura pour effet de pousser vers le haut ceux des travailleurs et travailleuses plus qualifiés. Quant aux employeurs qui s’adonnent aujourd’hui allègrement à la sous-enchère salariale et sociale, ils se verront enfin poser une limite à cette pratique inacceptable.
Créé: 31.01.2019, 07h01
Jean-Michel Dolivo, avocat, député Ensemble à gauche.
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