Du Salon du livre au Salon de l’automobile

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Il y a quelques années, j’ai cessé de fréquenter le Salon du livre et je suis allé au Salon de l’automobile. La grand-messe de l’imprimé à Palexpo avait perdu une part de son attrait pour moi. Ce n’est pas que les organisateurs ont démérité à sauver une foire qu’on prétendait à l’agonie, non. Mais j’aime le livre d’art, le beau livre, le grand format qui fait rêver. Celui qui se donne à contempler comme un objet rare, qu’on n’achète pas forcément, ou sur un coup de cœur. Ce genre de livres s’édite de moins en moins et je n’en trouvais presque plus dans un Salon trop squatté à mon goût par des stands de polars et de livres sur le bien-être. Mon libraire était mieux achalandé.

Quitte à rêver, me disais-je, autant aller admirer des belles bagnoles. Des carrosseries Pininfarina. Les dernières nées de Ferrari, de Morgan, les créations des disciples de Franco Sbarro. Regarder de près ces improbables voitures de sport que vous et moi ne mettrons peut-être jamais dans notre garage, mais qui nous en mettent plein les mirettes.

Je n’étais pas allé au Salon l’an dernier et je vous avoue que j’avais un peu peur d’y remettre les pieds cette semaine: avec les grandes annonces des constructeurs sur l’électrique, les nouvelles énergies et les voitures sans pilote, je craignais ne plus pouvoir y admirer les bêtes de course et les moteurs de folie qui m’y attiraient. Petite parenthèse à ce stade, pour admettre que ces propos risquent de froisser à la fois certains défenseurs de la culture et certains amoureux de l’environnement. Cette chronique aura au moins pour mérite de fournir à quelques-uns deux motifs de protestation pour le prix d’un seul. Et l’occasion d’associer dans la même ligne les termes «beauf» et «pollueur», comme il est d’usage dans certains milieux. Qu’ils ne s’en privent pas.

«Vive les puissantes bagnoles. Même s’il y a plus de chances que je me paie une petite électrique un de ces jours qu’une Aston Martin.»

J’avais des craintes avant d’aller à Palexpo, vous disais-je, mais elles étaient infondées. La visite du Salon m’a vite démontré que l’électricité ne concerne qu’une minuscule partie des voitures exposées et qu’elle est loin d’avoir supplanté le pétrole. Et ne parlons même pas de la pile à hydrogène, qui n’a qu’une seule station de recharge pour l’heure, quelque part entre Bâle et Zurich. Vive les puissantes bagnoles. Même s’il y a plus de chances que je me paie une petite électrique un de ces jours qu’une Aston Martin.

À côté des bêtes de course, j’ai admiré le prototype de voiture volante de la firme Pal-V. Ce modèle «Liberty» pourrait être commercialisé dès 2019, assure le constructeur. Encore un objet de rêve pour le commun des mortels: les prototypes de voitures à ailes ou à hélices fleurissent depuis septante ans. Posséder un tel engin n’aurait pas un grand intérêt pratique pour la plupart d’entre nous. «L’important est de continuer à se surprendre à rêver, si possible tout éveillé, à ce qu’on ferait si on possédait une telle voiture volante. Ce qui est nécessaire, c’est de vibrer à l’idée du gain de liberté que la jouissance d’un tel appareil apporterait à notre vie», écrivait en 2005 Patrick J. Gyger, l’ancien conservateur de la Maison d’Ailleurs d’Yverdon-les-Bains, dans un beau livre sur le sujet*.

Un peu rêveur en sortant du Salon, je tombe sur un stand de livres entièrement consacré aux bagnoles. Certains sont magnifiques, avec de belles illustrations… J’irai peut-être aussi au Salon du livre cette année.

* Les voitures volantes. Souvenirs d’un futur rêvé Patrick J. Gyger, Éd. Favre (24 heures)

Créé: 17.03.2018, 16h38

Patrick Chuard. politique vaudoise

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

Articles en relation

Un geste pour soulager le monde rural

Fiscalité Face à l’injustice qui frappe les paysans, le Conseil d’Etat accorde jusqu’à 66% de rabais sur l’impôt cantonal. Insuffisant, jugent les milieux agricoles. Plus...

«C’est terrible pour beaucoup de paysans!»

Fiscalité Martine Meldem est déçue par les propositions du Conseil d’Etat. La députée Vert’libérale, paysanne à Apples, attendait beaucoup plus. Plus...

Le Conseil d'Etat vaudois accorde des rabais d'impôt aux paysans

Fiscalité Plus de 400 exploitations ont des difficultés à cause d'un brutal changement de taxation. Pascal Broulis annonce des remises d'impôt limitées dans le temps. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.