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Seniors migrants, préparez bien votre retraite

Bashkim Iseni, délégué à l’intégration de la Ville de Lausanne.

Avec les progrès de la science et de la médecine, mais aussi grâce à l’amélioration des conditions de vie et des prestations de l’État social, nous vivons de plus en plus longtemps. C’est une donnée bien réjouissante. De par ces changements, les seniors sont devenus une composante importante des populations occidentales, à la fois en termes de politiques publiques, notamment par la nomination de délégués pour cette tranche de la population, mais aussi sur le plan de la vie culturelle et socioéconomique. Pour ce qui est de cette dernière, il n’est pas rare de remarquer des enseignes publicitaires visant cette catégorie de personnes, pour des services ou des produits qui leur sont davantage destinés.

Une partie de ces seniors sont d’origine migrante et une partie d’entre eux nécessitent notre attention également. En fait, nous observons déjà, et assisterons davantage à une véritable transition démographique des personnes migrantes. Par exemple, en 2017 à Lausanne, les personnes migrantes de plus de 65 ans constituaient 19% de la population senior, sans compter les naturalisés. Dans les faits, si la situation n’est pas toujours aisée pour cette tranche de la population en général, parfois exposée à la précarité, le problème peut se poser de manière plus aiguë pour celles et ceux qui sont d’origine immigrée et qui ont souvent exercé des métiers difficiles et moins bien rémunérés.

«Des spécialistes seront mobilisés pour leur expliquer comment fonctionne le système en Suisse, mais aussi que faire ou ne pas faire vis-à-vis du pays d’origine»

Ces personnes sont donc encore davantage fragiles, économiquement et socialement, et ce à la fois en raison d’un capital accumulé pas nécessairement adapté à l’évolution du coût de la vie, mais aussi par les décisions inadéquates qu’elles peuvent prendre au moment de la retraite, en raison de l’accès laborieux aux bonnes informations. En fait, les personnes migrantes futures retraitées ne sont pas toujours au courant de leurs droits et n’ont pas facilement accès ou n’arrivent pas à assimiler les informations les concernant.

Ce n’est pas un secret, il est important de bien préparer sa retraite. Pour analyser la situation qui suivra la phase de la vie professionnelle et afin de mûrir ses décisions et ses choix, une condition indispensable est celle de pouvoir concevoir la retraite comme le début d’une nouvelle vie, mais aussi de réaliser comment fonctionne le système de la rente AVS, celle des trois piliers, sans oublier les aspects fiscaux, notamment pour ceux qui veulent quitter la Suisse à ce moment.

Des décisions plus sophistiquées s’imposent donc souvent pour les personnes migrantes – mais aussi pour les Suisses – qui ont exercé une partie de leur activité professionnelle à l’étranger.

Dans le but de faciliter cette transition pour les futurs retraités issus de la migration, depuis sept ans, le Bureau pour les immigrés de la Ville de Lausanne met sur pied des ateliers retraite à leur adresse, afin de les informer et de les conseiller pour préparer une retraite dans de bonnes conditions.

Dans quelques jours, des spécialistes seront mobilisés pour leur expliquer, dans leur langue d’origine, comment fonctionne le système en Suisse pour les seniors, mais aussi que faire ou ne pas faire vis-à-vis du pays d’origine au moment de prendre la retraite. Ce travail a du sens, car il est au service de leur bien-être. Néanmoins, c’est aussi une manière d’endiguer le fait que ces personnes, qui ont travaillé toute une vie mais demeurent malgré eux vulnérables, se retrouvent dans les filets de l’aide sociale.

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