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Socialistes majoritaires avec un complexe de minoritaires

La gauche est devenue majoritaire au Château cantonal en 2012. Mais le parlement est resté à droite. Face à cette majorité inversée, d’aucuns craignaient à l’époque la multiplication des blocages. Finalement, cela s’est bien passé. L’avènement du «compromis dynamique» a vu le PS et le PLR pratiquer la politique du donnant-donnant, le tout étant couronné par la RIE III vaudoise. Une législature et demie plus tard, le système commence à se gripper. Le traitement en cours du budget 2020 de l’État de Vaud par le Grand Conseil en donne une bonne l’illustration. On observe une députation socialiste arc-boutée sur le projet de budget préparé par le ministre des Finances radical. «Le budget, rien que le budget, tout le budget.»

Quand Pierre-Yves Maillard était aux manettes, on pouvait encore croire que les camarades n’osaient pas moufter devant le patron. Mais, là, les voir refuser obstinément la moindre modification du budget sur des thèmes qui leur sont pourtant chers, comme l’égalité, est désarçonnant.

Les socialistes se sont même abstenus sur une détermination qui invitait à durcir un peu les règles des forfaits fiscaux. Alors qu’en 2014 le PS avait soutenu l’initiative populaire pour l’abolition de l'impôt à la dépense.

Une détermination, cela ne mange pourtant pas de pain. Mais les camarades font preuve d’un soutien indéfectible au chef du Département des finances. Il n’est même pas sûr que l’intéressé jouisse d’un tel soutien dans son propre camp.

«On peut se demander si certains votes du PS, notamment durant le traitement du budget, ne sont pas commandés par la crainte de représailles»

Dans les rangs socialistes, c’est toujours la même rengaine: «Le parlement est à droite, sans Pascal Broulis nous ne passons plus aucun budget.» On peut se demander si certains votes du PS, notamment durant le traitement du budget, ne sont pas commandés par la crainte de représailles. Ce n’est ni sain ni constructif.

Un poids excessif est donné au chef du Département des finances et des relations extérieures. Un déséquilibre qui ne correspond pas vraiment à l’esprit de nos institutions.

Avec le temps, force est de constater que notre système de «compromis dynamique» se sclérose. La configuration avec un seul personnage comme pivot entre la gauche et la droite commence à compliquer les choses plus qu’elle ne les arrange.

Dès lors, deux scénarios se dessinent pour l’avenir. L’un nous amènera cahin-caha jusqu’aux élections cantonales de 2022. L’autre est une crise politique avec des blocages à répétition.

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