Des solutions existent pour la migration

L'invitéeIsabelle Chevalley propose des pistes pour endiguer le flux des migrants.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Pour gérer les problèmes de migration, il faut en comprendre les causes. Il y a deux raisons principales qui poussent une personne à quitter son pays: soit il y risque sa vie, c’est le cas des réfugiés syriens par exemple, soit il n’a aucune perspective d’emploi. Concernant les guerres, la Suisse est très active pour encourager le dialogue entre les parties en conflit et les amener sur le chemin de la paix. Nous devons continuer et renforcer ces bons offices, car sans paix, jamais les réfugiés ne retourneront dans leur pays.

Ceux qu’on appelle les «réfugiés économiques» n’ont quant à eux rien à perdre en prenant le chemin de l’exil: n’ayant aucune perspective chez eux, ils préfèrent mourir en mer plutôt que de vivre dans l’humiliation de ne pas pouvoir subvenir à leur famille. Une mère sénégalaise a dit à son fils qu’elle préférait qu’il meure en essayant de trouver un travail plutôt qu’il reste au pays à ne rien faire. La pression sur ces jeunes est énorme. Lorsqu’un Européen subit une humiliation, il choisit malheureusement bien souvent la voie du suicide, un Africain ne peut pas le faire, c’est culturel. Sa manière à lui de se suicider, c’est de se lancer dans un voyage dont il connaît très bien les risques, mais pour lui le choix n’existe plus.

Je n’ai jamais vu un suisse risquer sa vie pour trouver un travail et pourtant c’est ce que font des milliers de migrants chaque jour! S’ils avaient le choix, la très grande majorité préférerait travailler dans leur pays d’origine. D’ici 2050, il faudra prévoir près d’un milliard d’emplois pour l’Afrique. Si on ne s’active pas rapidement dans la création d’activités génératrices de revenus, la crise actuelle ne sera qu’un aperçu de ce qui nous attend. Imaginez le Nigeria avec plus de 180 millions d’habitants et une moyenne d’âge de 18 ans, que pensez-vous que cette jeunesse va faire si elle ne trouve pas de travail dans son pays?

La majorité des habitants de l’Afrique sont des paysans. Le problème est qu’ils n’ont pas accès à l’argent pour acheter leurs semences. Nous devons créer un fonds permettant à des coopératives de paysans d’investir pour acheter leurs semences et pouvoir ainsi non seulement travailler mais aussi se nourrir.

Avoir un travail, c’est avant tout une question de dignité. Les Africains ne manquent pas d’idées et d’esprit d’entreprise, mais bien souvent, il leur manque juste un petit coup de pouce pour démarrer.

On ne peut pas d’un côté refuser les réfugiés et de l’autre couper dans la coopération au développement, c’est une attitude schizophrène qui n’est pas digne de politiciens responsables. Il faut accentuer l’aide sur place, car tout bon libéral sait que la richesse n’est profitable que si chacun peut vivre dignement.

(24 heures)

Créé: 13.06.2017, 17h42

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actu croquée par nos dessinateurs, partie 4

La caisse maladie demande aux thérapeutes de revoir leurs tarifs à la baisse «pour correspondre aux conditions du marché». Si tel n'est pas le cas, leurs prestations ne seront pas remboursées. Paru le 23 août.
Plus...