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Stoppons les chevaliers du travail gratuit

Jeton Hoxha conteste les modèles d'emploi précaires et aux frais des contribuables.

Caritas et le Canton de Vaud projettent de faire travailler aux frais du contribuable (pour des bas salaires) un bassin de 3500 personnes vulnérables («24 heures» du 28 novembre 2019). Les patrons volontaires offriraient des places de travail et l’État paiera. On nous arguera sûrement que c’est du win-win. En fait du «win» surtout pour le patronat, forcément enchanté par ces opportunités de faire travailler des salarié·e·s gratuitement ou en tout cas de moins en moins cher. La liste devient longue — soi-disant pour le bien des personnes se trouvant dans les difficultés…

Les ETS (emplois temporaires subventionnés) sont occupés en général de manière obligatoire et souvent par des personnes qualifiées, avec comme unique salaire les prestations chômage ou sociales. On les rencontre dans le secteur de la restauration (GastroVaud par exemple), mais aussi dans le secteur public (universités, musées, administrations, etc.) ainsi que dans le secteur associatif. Il s’agit de travail nécessaire et utile faisant fonctionner de manière continue de nombreuses institutions.

Il y a aussi cette multitude de jeunes se trouvant dans l’obligation de faire des stages, souvent de longue durée, dans des domaines extrêmement variés — petite enfance, santé, social —, ou encore des universitaires ayant fini leur cursus devant travailler quasi gratuitement pour avoir la «chance» d’acquérir de la pratique et de trouver un «vrai» emploi.

Il y a encore les bénévoles, les civilistes, qui ont des activités importantes et j’oublie sûrement quelques catégories.

Ce modèle prend place dans un univers où les salarié·e·s sont de plus en plus précarisé·e·s. À travers la dite «ubérisation» mais aussi par la précarisation des contrats de travail — temporaires, à durée déterminée. D’autre part, le secteur public externalise, par exemple pour le nettoyage, et les salaires n’atteignent parfois pas 19 francs l’heure (environ 3100 fr. brut pour un 100%) — en passant, on remercie les syndicats qui ont signé ces CCT (conventions collectives de travail).

«Un système dans lequel les salarié·e·s ne sont plus payé·e·s de manière digne, c’est insupportable»

L’Association de défense des chômeuses et chômeurs (ADC) soutient un modèle dans lequel le salariat ne serait plus central, mais un système dans lequel les salarié·e·s ne sont plus payé·e·s de manière digne, c’est insupportable. Tout le monde le sait, nous sommes malheureusement obligés de travailler pour pouvoir subvenir à nos besoins. Il est donc inacceptable de continuer à augmenter le nombre de personnes devant œuvrer quasi gratuitement – soi-disant pour leur bien-être.

Les trois chevaliers à l’origine de cette initiative sont très bien salariés, que ce soit chez Caritas (une organisation caritative) ou au Canton. Nous leur suggérons d’offrir leur belle énergie pour mettre sur pied des conditions-cadres permettant aux personnes d’avoir une activité offrant de la dignité avec un salaire décent.

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