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La stratégie de l’intimidation est intolérable

Kevin Grangier s'oppose à la réforme de la fiscalité des entreprises et du financement de l’AVS (RFFA).

«Il y a quelque chose de pourri en royaume de Danemark», écrivait le grand William Shakespeare dans «Hamlet». Il en va malheureusement de même au sein de notre Confédération car, le 19 mai prochain, les Suissesses et les Suisses seront appelés aux urnes pour décider, d’une part, du sort de la réforme de la fiscalité des entreprises et du financement de l’AVS (RFFA) ainsi que, d’autre part, du sort de la reprise de la directive UE sur les armes. Ce qui rend ce scrutin pourri, c’est que les deux sujets sont la conséquence d’intimidations, accompagnées de menaces si les Suissesses et les Suisses ne s’exécutent pas. Un peuple souverain ne doit pas tolérer ça.

Il y a d’abord la reprise de la directive UE sur les armes que Bruxelles veut faire appliquer de force au nom de notre participation aux Accords de Schengen. Voilà une directive inutile en Suisse, voulue par des États moins exemplaires que le nôtre en matière de sécurité, qui doit être appliquée de force pour des motifs bureaucratiques. Bel encouragement à la médiocrité.

À l’exception de l’UDC, tous les partis – à l’image du Conseil fédéral – se sont rangés pour la reprise de cette directive UE, cédant à la stratégie de l’intimidation mise en place par Bruxelles.

«Les Suissesses et les Suisses composent un peuple libre qui ne vote pas sous la menace»

Le second sujet, la RFFA, est une sorte de gâteau indigeste. Deux sujets qui n’ont rien en commun ont été groupés par pur opportunisme politique et au mépris total des règles démocratiques. D’un côté, le Conseil fédéral s’est hâté de revoir sa copie après l’échec de Prévoyance 2020. De l’autre, il s’est hâté de revoir sa copie après l’échec de la RIE III afin de se conformer aux normes exigées par l’OCDE en matière de fiscalité des entreprises.

Ce dernier aspect est important, car dans le cas où le peuple suisse ne goûterait pas à ce gâteau indigeste en refusant l’objet en votation, l’OCDE se reréserverait le droit de sanctionner la Suisse. De nouveau, les Suissesses et les Suisses sont victimes d’une intimidation étrangère avec la complicité du Conseil fédéral et des partis politiques hors UDC.

Pis, nos autorités ont non seulement accepté de se soumettre à cette deuxième intimidation, mais ils en ont profité pour coupler la réforme de la prévoyance à celle de la fiscalité des entreprises. Nos autorités ont ainsi activement participé à la mise en œuvre de la stratégie d’intimidation voulue par des institutions étrangères. Que doit-on penser des politiciennes et des politiciens qui se rendent complices d’une telle intimidation contre la population qui les a élus?

Le 19 mai, bien au-delà des enjeux propres à chaque objet, il faudra voter NON et NON pour qu’il soit dit et redit que les Suissesses et les Suisses composent un peuple libre qui ne vote pas sous la menace d’intimidations et d’ingérence. Dans le cas contraire, il y aura vraiment quelque chose de pourri dans la démocratie suisse.

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