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La Suisse confrontée à l’appel démocratique de la rue

René Knüsel commente les résultat des élections du 20 octobre.

Au-delà des résultats chiffrés de ce dernier dimanche électoral, quelques faits méritent réflexion. Le principal concerne le parallélisme des thématiques qui ont mobilisé tant l’électeur que la rue. Leur concordance est frappante: d’une part, les mobilisations réitérées des jeunes pour le climat et des femmes contre les inégalités, avec la grève du 14 juin et, d’autre part, les changements électoraux conséquents avec une avancée verte et une progression du nombre d’élues au parlement.

Le parallélisme entre les deux formes d’affirmations est une preuve de la vivacité de la démocratie. Participer à un cortège revendicatif en défilant dans la rue est une prise de parole de la part d’une frange de la population qui fait part de son inquiétude, de sa colère et fait connaître ses revendications. Même s’il s’agit là de l’exercice d’un droit, cette forme d’affirmation est moins valorisée dans la classe politique et une partie de la population. Le vote est perçu plus légitime. Il permet l’exercice direct de la démocratie, mais correspond surtout à une vision de mœurs politiques pacifiées.

Les cortèges revendicatifs ont joué avant tout un rôle de pression par le passé. Il s’agissait de rendre publics des problèmes, de tenter de faire (ré)agir les élus. C’était une manière de peser sur l’agenda social et politique. Plus la mobilisation était forte et plus la revendication prenait du poids, devenait incontournable. L’ultima ratio était le recours à la grève.

«L’enchaînement des revendications populaires et la délégation imposante de pouvoirs à une classe d’élus renouvelée»

Au soir du 20 octobre, une dynamique nouvelle s’est imposée par l’enchaînement des revendications populaires et la délégation imposante de pouvoirs à une classe d’élus renouvelée. La volonté citoyenne exprimée par les jeunes et les femmes dans la rue s’est doublée en quelque sorte d’un mandat à une partie de la classe politique, pour garantir que ses préoccupations soient présentes dans les lieux de décision.

Ce faisant, élections et votations se conjuguent plus à l’unisson. Les diverses initiatives pour le climat et pour plus d’égalité bénéficient d’un meilleur relais au parlement. Mais surtout une partie des sans-voix, privés de droit de vote en raison de leur âge, trouvent un relais direct à leurs préoccupations. Les élus seront moins tentés d’adapter, d’édulcorer, dans leur mise en pratique, les textes issus des votations populaires.

Un des vainqueurs de cette affirmation politique pourrait bien être ce nouveau groupe d’électeurs galvanisé par la lutte menée dans la rue. Mobilisés, les jeunes et les femmes vont prolonger leurs engagements sous différentes formes, comme le montre la participation électorale, constamment plus élevée, des générations de femmes, contemporaines des luttes pour l’égalité de leurs droits. Et si c’était la leçon à attendre du scrutin?

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