Une Suisse humaine en héritage

L'invitéVincent Arlettaz, candidat PLR au Conseil national, rappelle la tradition humanitaire du pays devant l'afflux des réfugiés.

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La crise humanitaire va changer le visage de nos pays. Ce n’est pas tant l’arrivée de réfugiés qui va nous transformer, mais c’est la réponse que nous apporterons à cette situation exceptionnelle qui décidera de quelle façon nous entrerons dans l’histoire.

Certains ont fait leur choix: le rejet. Ils confondent les migrants économiques et les réfugiés qui fuient la mort. Ils mélangent les victimes innocentes et les criminels dangereux. Ils se réjouissent de chaque mur et de chaque barbelé. Ils ne manquent pas une occasion de rappeler qu’il s’agit d’étrangers, ce qui, à leurs yeux, suffit à ne plus considérer ces victimes comme des êtres humains.

Difficile de donner une réponse politique à un discours d’amalgame et d’inhumanité. Pourtant, c’est notre devoir de politicien et de citoyen. Face à la situation exceptionnelle que nous traversons, trois mesures s’imposent. Premièrement, nous devons aider – par des actes et non seulement par des paroles – les pays du Proche-Orient qui accueillent actuellement 95% des réfugiés fuyant la Syrie. Deuxièmement, nous devons instaurer, au niveau européen, des quotas de réfugiés que chaque pays doit accueillir – en tenant compte des efforts déjà accomplis.

Le rejet et la haine n’ont pas leur place dans notre présent ni dans notre avenir

Il serait inimaginable que la Suisse, qui a su offrir son hospitalité à tant de victimes de conflits, ne soutienne pas un système qui demanderait à chaque pays d’Europe de faire preuve de la même responsabilité! Et troisièmement, il faut accélérer les procédures d’asile et réussir l’intégration des réfugiés dans nos pays. Les traiter de façon discriminatoire ou les empêcher de travailler reviendrait à construire des ghettos et des tensions qui n’ont pas leurs places dans notre société.

Je sais qu’aujourd’hui, face aux peurs et aux craintes, demander de faire preuve d’humanité et d’accueillir des réfugiés ressemble beaucoup à un suicide politique. Mais ne rien faire et se taire serait un suicide moral auquel je me refuse. Nous sommes les héritiers de la Suisse du XVIe siècle qui accueillit les protestants persécutés en France et qui devinrent les meilleurs horlogers du monde. Nous sommes les héritiers de la Suisse d’Henri Dunant, qui inventa le droit humanitaire et fonda la Croix-Rouge. Jamais dans notre passé, le rejet et la haine n’ont eu leur place en Suisse. Ils n’ont pas leur place dans notre présent et ne l’auront certainement pas dans notre avenir!

Il est ambitieux d’espérer un large rassemblement durant une campagne électorale tendue où chaque voix compte. Mais aujourd’hui, nous devons faire preuve d’humanité et défendre ensemble les valeurs fondamentales qui ont construit notre pays. C’est à nous de décider si nos enfants nous regarderont avec fierté ou avec honte!

(24 heures)

Créé: 25.09.2015, 14h57

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