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Mes sœurs, y a-t-il du divin dans cette fête?

L’autre jour, pendant que le cortège passait dans les rues de Vevey, des spectateurs ont été subjugués par la voix d’un homme qui chantait avec maestria et talent le «Liôba» à la fenêtre d’une chambre au deuxième étage du bel Hôtel des Trois Couronnes. Ce lieu historique et chaleureux est une vraie personnalité de la ville de Vevey, il a un passé et un présent riches en événements, il a accueilli et accueille d’illustres visiteurs en tout temps. L’homme qui chantait était-il une star de l’opéra?

Le mystère demeure quant à savoir qui était cet artiste sans costume qui, tout près du ciel, offrait ainsi son «Liôba» au public qui n’oubliera pas ce précieux moment. Tout près du ciel aussi, les deux sœurs que j’ai croisées hier. Elles sortaient de l’arène. Dans leur tenue grise, sous leur voile, elles contrastaient joliment avec les mouvements de couleurs que les costumes des figurants dessinaient autour d’elles. Elles apparaissaient comme une photographie en noir et blanc au milieu d’un album d’images en couleur, mais leurs sourires, leurs rires, vivaient comme des fleurs.

Depuis toujours j’aime bien les bonnes sœurs, et je ne peux m’empêcher de les accoster pour parler avec elles, car je sais qu’elles ont forcément quelque chose d’intéressant à raconter. Pourtant je devrais me méfier d’elles: la première que j’ai rencontrée, Sœur Léonie, quand j’avais, disons, 5 ans, me donna une baffe parce que dans mon cahier ma ligne de i comportait des i de taille normale et des i gigantesques.

Son explication physique avait été efficace: depuis ce temps-là, à chaque i, ma joue gauche chauffe un peu et je m’appliiiiiiiiiiiique. Mais bon, que faisaient là les deux petites sœurs dont j’ai appris qu’elles sont de l’ordre des Oblates de saint François de Sales, fondé notamment par une novice du nom de… Léonie? En fait, tout est parti de la célébration des 50 ans de profession de foi de Sœur Paul-Thérèse, 76 ans, à Troyes, à la maison mère. Son neveu, Robert Genoud, qui habite Remaufens et qui aime beaucoup sa tante, est allé à cet anniversaire et lui a offert deux places pour la Fête des Vignerons.

«Il ne s’est pas moqué de nous, quel beau cadeau! J’ai beaucoup aimé cette fête, il y a des idées, des pensées, de l’imagination, et surtout je n’y ai rien vu de négatif», affirme la tante en regardant le neveu. Sœur Thérèse-Marie, 86 ans et en pleine forme, qui a enseigné quarante ans à Châtel-Saint-Denis, acquiesce. «Je n’ai pas toujours bien entendu le texte mais les chants sont très beaux, et j’admire les chorégraphes qui ont réussi, avec des amateurs, à rassembler et synchroniser tout le monde pour ce spectacle merveilleux.» Mais, chères petites sœurs, avez-vous trouvé du divin dans cette fête?

D’une seule voix qui a dû s’entendre jusque tout là-haut, chez Lui: «Oh oui, dans la devise ora et labora , dans la solidarité des gens, dans l’amour de la terre, du travail, et dans le fait que cette fête donne le sourire à tout le monde. Regardez autour de nous, cette bonne humeur est profonde, elle est vraie. Nous sommes très émues.» Les petites sœurs ont pris le neveu par le bras et sont parties, légères silhouettes grises, dans la ville en couleur, en chantonnant me semble-t-il «Le petit chevrier».

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