Le triangle des Bermudes de la démocratie

L'invitéCharly Pache s'exprime au nom de Génération Nomination et insiste sur le tirage au sort comme outil participatif.

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Un peu d’histoire afin de mieux situer et comprendre Génération Nomination, mouvement pour une démocratie inclusive. Lors des révolutions aristocratiques d’il y a deux siècles, rares étaient les démocrates aux commandes. Un élément essentiel de la démocratie est du coup passé à la trappe lorsqu’il a fallu réinventer les équilibres de pouvoir: une dose de hasard pour déterminer une partie de nos représentants, afin de barrer la route a priori à ceux qui avaient l’intention d’accéder au pouvoir public pour en profiter. En Suisse jusqu’en 1830 par exemple, pour éviter les «brigues», soit les achats d’élections. En 2017, la prise d’influence lors d’élections se joue sur le terrain du marketing médiatico-politique, apanage d’une nouvelle aristocratie qui ne dit pas son nom.

À l’origine, l’usage du sort était donc une des caractéristiques principales de la démocratie, ce machin truc complexe développé par des penseurs grecs il y a deux mille ans suite à plusieurs épisodes tyranniques, qui ont conduit à des crises sociales sous un régime aristocratique (règne des «meilleurs»). Or, dans les sphères politiques contemporaines, l’influence grandissante de l’argent entrave la recherche du bien commun. L’écart se creuse entre ceux qui baignent dans une compétition effrénée et ceux qui souhaitent l’harmonie et la collaboration. Le succès du documentaire Demain – dans lequel le tirage au sort est aussi présenté – est un signe de cette soif de raisonnable.

Génération Nomination souhaite rééquilibrer les forces en adaptant au monde contemporain des outils participatifs basés sur le tirage au sort pour encourager une meilleure éducation à la démocratie. En sus du tirage au sort du Conseil national, tel un service civique, nous souhaitons expérimenter d’autres formes. Par exemple pourquoi ne pas tirer au sort un panel citoyen qui prendrait position sur chaque objet de votation et obtenir ainsi un avis en dehors du sérail politique dans la brochure de votation?

Brisons aussi les idées reçues: non, les compétences requises pour siéger ne sont pas l’apanage des politiciens élus. Oui, le désengagement civique est dû en grande partie à l’état d’esprit qui règne en politique et non pas à un désintérêt fondamental pour la chose publique: les partis éloignent les citoyens de la démocratie et c’est un comble. Oui, les élections donnent l’illusion du choix aux citoyens et l’illusion de pouvoir être élu à tous les candidats: sans être adoubé au sommet d’une liste d’un grand parti avec un budget de campagne confortable et un accès privilégié aux médias, un candidat n’est qu’un figurant sans réelle chance.

L’élection – le choix du plus médiatisé – discrimine les femmes, les jeunes, les pauvres et dénature ce lieu d’inclusion par excellence de tous les citoyens appelé démocratie. Notre projet nous semble palier à ces défauts. Le débat est ouvert. (24 heures)

Créé: 20.06.2017, 14h36

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