La «Trumpisation» de la présidentielle démarre aussi avec sa course à l’audience

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Aux Etats-Unis, les médias ont fait leur mea culpa. A force de relayer les faits et gestes de Donald Trump, ils ont fait sa campagne électorale en lui permettant d’occuper à la fois les rubriques sports, faits divers, potins, économie et parfois politique. Ils ont traité Donald Trump comme un phénomène de foire et non comme un candidat. La France tombe dans un piège similaire.

Depuis une semaine, la présidentielle est lancée avec les annonces de Nicolas Sarkozy à droite et d’Arnaud Montebourg à gauche. Et ce début, tonitruant, est marqué par une course à l’audience qui fait des médias les complices du «storytelling» mis en place par les candidats.

Le cas de Nicolas Sarkozy est révélateur. Il a saturé l’espace médiatique durant une semaine avec une information en exergue: celle de sa candidature à la présidentielle. Ah bon… Et chacun a surjoué la surprise de la non-surprise. Un détail qui n’empêche nullement de tendre les micros.

Mais il est au moins ex-président de la République: pas rien sur un CV. Arnaud Montebourg, lui, n’est pas grand-chose pour ainsi dire. Un ex-ministre de l’Economie d’un gouvernement de gauche en déliquescence. On le présente désormais fort d’une expérience dans le privé.

En effet, il a œuvré comme consultant «redressement» pour le groupe immobilier Habitat dont il n’était pas salarié mais indemnisé. Et qu’a-t-il fait? Impossible de le savoir vraiment… Selon le récit officiel, l’ex-ministre s’est impliqué, a écouté et dialogué avec des salariés. Dans la monarchie républicaine de 2016, on salue l’honnêteté d’un homme de la France d’en haut qui parle avec celle d’en bas.

Et pourquoi ne pas attaquer de vrais sujets. Le service militaire par exemple. Ces jours sur Franceinfo, un spécialiste de la chose kaki explique chiffres à l’appui l’impossibilité d’un retour du service militaire en France. La circonstance en est la proposition d’Arnaud Montebourg de l’imposer à tous (femmes et hommes) pour une période de six mois.

Une lubie utilisée par tous les présidentiables. L’ex-président Sarkozy aussi veut revivifier par le service militaire l’acquisition des valeurs républicaines. Ça fait de beaux discours, mais la réalité est plus triviale.

Trop cher, trop lourd à mettre en place et pour quoi faire… Car il n’est pas question d’envoyer à la guerre des non-professionnels. En France, une classe d’âge, ce sont entre 750 000 à 800 000 jeunes qui seraient appelés. Oui, 750 000 personnes à loger, habiller, nourrir, encadrer…

Paris pourrait demander conseil à Berne, qui met en place trois écoles de recrues par an, et qui peine à «désennuyer» moins de 20 000 jeunes suisses. Evidemment, ce genre de papier frotté à la réalité c’est moins glamour qu’un meeting des Républicains et du PS où les amis de trente ans s’assassinent parmi.

Créé: 02.09.2016, 09h28

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