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Les tweets de Staline

Pour ceux qui ne craignent ni le retour précipité de la civilisation aux valeurs du bas Moyen Age ni l’apocalypse nucléaire, Donald Trump est vraiment très divertissant. Et l’aspect le plus chic de ce show est sans conteste son usage de Twitter. Rien que ces dernières semaines, on a appris que 140 caractères suffisaient à l’homme le plus puissant du monde pour:

– afficher un soutien larvé à des activistes d’extrême droite, même quand l’un d’eux utilise sa Dodge comme moissonneuse-batteuse dans un champ de manifestants noirs;

– s’amuser à donner des petits surnoms mesquins à un dictateur teigneux et bientôt nucléaire, juste pour le faire mousser un peu, haha prends ça, tiens, on va bien se marrer;

– faire comprendre à ces feignasses de footballeurs américains que si lui était en charge de la ligue, nom de dieu! ça ne se passerait pas comme ça cette histoire de genou à terre pendant l’hymne national: le Star Spangled Banner, ça se salue debout, main sur le cœur, et on chante! Sinon, c’est vi-ré! («You’re fired!» référence à sa sanction préférée lorsqu’il était hôte de télé-réalité).

Bien. Mais tout ça est déjà de l’histoire ancienne. Car mercredi, il y a eu mieux encore. Après la défaite du sénateur de l’Alabama Luther Strange, que Trump avait épaulé publiquement dans sa course à la réélection, le président a tout bonnement détruit les tweets de soutien postés les jours précédents. En tout cas trois tweets disparus du fil présidentiel, selon le New York Times, dont un posté le matin même. Ouf! pas vu pas pris, moi, soutenir ce loser, jamais de la vie. (A noter tout de même que ProPublica, une agence journalistique à but non lucratif, veille et répertorie: les fameux tweets de perlimpinpin sont à voir sur leur site.)

Dur de ne pas penser à Staline et à la manie qu’avait le vieux dictateur de faire supprimer ses ennemis politiques sur les photos officielles après les avoir fait supprimer pour de vrai… Le camarade Luther Strange? Non, connais pas, désolé.

Des juristes américains étudient actuellement la question de la légalité de cet effacement intempestif. Une action en justice pour révisionnisme digital? On n’a pas fini d’être diverti.

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