Valls ne rachètera pas la blessure des «ploucs du PS»

La RédactionXavier Alonso, envoyé spécial à Poitiers, découvre le fossé entre la gauche et la gauche caviar...

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Quel autogoal! Les commentateurs politiques français n’en reviennent pas. L’aller-retour de Manuel Valls entre Poitiers et Berlin pour assister à la finale de la Champions League samedi soir a offert à ses adversaires politiques une occasion en or pour tirer à vue sur ce premier ministre si prompt à donner des leçons de morale. «Indécence», «caprice», «perte du sens des réalités», accusent tous ces indignés de la République. Normal dans le jeu de l’alternance de la part des élus des Républicains qui ont eu leur lot de polémiques avec Nicolas Sarkozy! C’est donc coup pour coup.

Mais au-delà de la légitime controverse sur l’utilisation de l’argent public – Manuel Valls a décidé hier de rembourser 2500 euros pour ses enfants et mettre fin à la polémique – c’est la déception des militants socialistes, dont ceux présents à Poitiers, qui est terrible pour Manuel Valls. On ne rachète pas une blessure sentimentale!

Manuel Valls a décidé hier de rembourser 2500 euros pour ses enfants

«Les ploucs devant la TV et les grands à Berlin dans le stade!» Une remarque de ce genre fuse dimanche matin au bar à café du Palais des Congrès de Poitiers. Les militants socialistes ne comprennent pas et se sentent dénigrés, eux qui ont travaillé samedi jusqu’à la dernière minute du deuxième jour de leur congrès. On les verra ensuite déambuler au centre-ville de Poitiers à la recherche d’un restaurant qui diffuse le match.

Resté à Poitiers, Manuel Valls aurait loué (c’est trois francs six sous) une arrière-salle de bistrot pour lui et pour tous les membres amoureux de foot de son parti. Il aurait fait un sacré coup de cette finale Juve-Barça! Imaginez un premier ministre en bras de chemise, une bière à la main, en train de commenter avec le délégué PS de la Fédération du Morbihan, de la Marne et de l’Ariège telle ou telle action d’Iniesta et de Rakitic – entre nous, meilleurs samedi dernier que Messi et Neymar. La voilà, la République exemplaire!

On a vu dernièrement, dans le grand show de la politique spectacle, Barack Obama et David Cameron mettre en place des opérations de «com’» savamment préparées pour apparaître décontractés, proches des gens, semblables à leurs concitoyens. Manuel Valls a pris un avion et n’a pas regardé le match avec ces militants socialistes qui, dans quelques mois, seront sollicités par le parti pour aller tracter, faire du porte-à-porte et se faire agonir de reproches sur les marchés de France par tous les déçus du socialisme.

Toujous dimanche à Poitiers, la gentille dame, bénévole sexagénaire en T-shirt Mitterrand, qui surveille l’accès à l’espace fumeurs du congrès ne pense rien de la polémique Valls. Par contre, non sans fierté, elle précise: «J’ai fait la bise à Jean-Marc Ayrault. C’est tout de même l’ancien premier ministre!» Il y a comme un problème de distance dans la politique française.

Créé: 11.06.2015, 15h34

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